Les livres imprimés en Italie


L’édition originale du livre de gastronomie
le plus intéressant et le plus complet de la Renaissance,

illustré de 28 superbes planches en premier tirage.

scappi 300x240 Les livres imprimés en Italie

SCAPPI, Bartolomeo. Opera di M. Bartolomeo Scappi, cvoco secreto di Papa Pio Quinto, divisa in sei libri. Nel primo si contiene il ragionamento che fa l’Autore con Gio suo discepolo. Nel secondo si tratta di diverse vivande di carne, si di quadrupedi, come di volatili. Nel terzo si parla della Statura, e stagione de pesci. Nel quarto si mostrano le liste del presentar le vivande in tavola, cosi di grasso come di magro. Nel quinto si contiene l’ordine di far diverse sorti di paste, & altri lavori. Nel sesto, & ultimo libro si ragiona de convale scenti, & molte altre sorti di vivande per gli infermi […].
[Venise, Michele Tramezzino, c.1570].

In-4 de (6) ff. y compris le titre, la dédicace et le portrait de l’auteur, 369 ff., (7), 28 planches numérotées gravées sur bois à pleine page. 3 premiers ff. renforcés à la gouttière, marge blanche extérieure du titre renforcée, trou de vers dans la marge intérieure des 15 derniers ff. sans atteinte au texte, deux des planches ont été légèrement rognées et placées tête en bas par le relieur.

Relié en demi-veau avec le dos ancien du XVIIIe siècle réutilisé, tranches rouges.

195 x 142 mm.

Rare edition originale du livre de gastronomie illustré le plus intéressant de la renaissance.
Simon, Bibliotheca Gastronomica, 1356 ; Graesse, Trésor de Livres rares et précieux, 290 ; Vicaire 771-773 ; Brunet, V, 180-181 ; Mortimer, Italian Books, 467; Wellcome 5811 (pour l’édition datée) ; Oberlé, Les Fastes de Bacchus et de Comus, n°75 (pour l’édition de 1605).

Cet ouvrage prodigieux est l’œuvre du cuisinier personnel du pape Pie V. Il est dédié à Matteo Barbini, célèbre cuisinier vénitien.

C’est le livre de gastronomie italien le plus détaillé du XVIe siècle.

Il s’agit de la première des deux éditions imprimées par Michele Tramezzino, l’autre comportant un colophon daté de 1570 et une collation différente.

« Aucun chef du XVIe siècle n’a autant contribué au progrès de l’art culinaire que Bartolomeo Scappi. Ann Willan considère qu’il est à la cuisine ce que Michel-Ange fut à la peinture » (Gernon).

« Dans le premier livre, Scappi enseigne à son disciple à connaître les bons produits, leur fraicheur, etc. Le deuxième présente la manière de traiter les viandes et volailles en 231 recettes ; le troisième en donne 286 pour accommoder les poissons ; le quatrième livre énumère d’abord ce qu’un cuisinier doit emporter s’il voyage avec un prince, puis les types de menus à servir suivant le calendrier ; le cinquième livre propose 237 sortes de pâtes ; le dernier est consacré aux malades avec 216 façons de potages, soupes, tartes, fruits cuits… Scappi nous apprend qu’il a pratiqué tout cela lorsqu’il était au service du Cardinal Carpi qui fut longtemps malade. C’est le physicien Federigo Donati qui l’aurait encouragé à publier ces recettes dans son ouvrage. A cette époque, seuls les savants se permettaient d’imprimer des traités diététiques. Scappi est certainement le premier cuisinier à l’avoir osé ». (Oberlé).

« Scappi’s book is one of the most interesting of the sixteenth-century cookery books. The plates are so attractive that copies containing them all are extremely rare; they represent all kinds of kitchen utensils, kitchen interiors, furniture, fireplaces, etc., whilst a double-page plate represents the various dishes and wines brought by servants to the examiners before being sent in to the Cardinals sitting in Conclave, in 1549” (Simon).

On le trouve rarement complet et en bon état. Les planches sont tellement intéressantes, dit Simon, que les exemplaires qui les possèdent encore sont devenus très rares” (Oberlé).

L’illustration, du plus haut interet, est composée d’un portrait de l’auteur gravé dans un médaillon et de 28 planches extrêmement détaillées représentant des intérieurs de cuisines avec toutes sortes d’aliments en préparation, ainsi qu’une grande variété d’ustensiles et de meubles de cuisine. Deux des gravures, formant une double page, représentent la présentation pour l’inspection du repas qui va être servi aux cardinaux réunis au conclave pour choisir un nouveau pape après la mort de Paul III en 1549.

« Les 27 illustrations gravées sur bois présentent les instruments du cuisinier : un appareil de levage pour les grandes marmites, les tamis, râpes à sucre et à noix de muscade, mobiliers divers, cassettes et marmites, instruments pour cuisine en plein air, couteaux, intérieur d’une cuisine, cruches, plats, vases, intérieur d’une laiterie, presses à volaille. Une grande planche montre le banquet servi au Conclave, une autre enseigne à faire la pasta. Au point de vue de l’histoire de l’architecture, le livre de Scappi est sans doute le premier à décrire d’une façon détaillée l’aménagement d’une cuisine ». (Oberlé)

Bon exemplaire de ce livre rare, du plus haut intérêt pour l’histoire de la gastronomie, bien complet de toutes ses planches en premier tirage.

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Rare relation des missions jésuites au Japon à la fin du XVIe siècle,
conservée dans son pur vélin souple de l’époque.

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FROES, Luis. Lettera annua del Giappone dell’anno MDXCVI. Scritta dal P. Luigi Frois, al R.P. Claudio Acquauiua Generale della Compagnia di Giesù. Tradotta in Italiano dal P. Francesco Mercati Romano della stessa Compagnia.
In Padova, Appresso Francesco Bolzetta, 1599.

Petit in-8 de 124 ff. Relié en plein vélin souple de l’époque, dos lisse avec le titre manuscrit. Chemise et étui de maroquin rouge. Ex libris manuscrit sur le titre.

155 x 101 mm.

Rare édition de la lettre adressée depuis le Japon par le missionnaire jésuite Froes au Père Acquaviva en 1596.

Ce récit remarquable fournit une description détaillée des progrès des missions chrétiennes en Asie dans les années 1595-1596 et de l’état de l’Eglise au Japon à la veille des persécutions. Riche en détails séculiers, il dresse un bref tableau de la situation politique du pays, et analyse de manière systématique le bilan des missions ville par ville. La lettre est envoyée de Nangazaqui, et datée du 13 décembre 1596.
Pagès 82 ; pas dans Cordier.

Luis Froes (1528-1597) est un jésuite portugais qui fut destiné aux missions et qui suivit le P. Barzeo dans son voyage aux Indes en 1548. Froes acquit bientôt à Goa une grande réputation par son zèle, son savoir et son intelligence. Après une mission d’une année à Malacca, il revint à Goa, et en 1563 fut envoyé au Japon : ses succès évangéliques l’y suivirent. En 1565 il avait déjà baptisé une soixantaine de bonzes à Omura ; mais ce fut surtout à Miaco qu’il fit le plus de prosélytes malgré de cruelles persécutions exercées de la part des autorités japonaises, qui crurent voir un agent politique sous la robe de l’apôtre catholique. Il fut même exilé à Sacoy, où il continua ses fructueuses prédications. En 1569, le grand général de la couronne Nobunaga lui permit le séjour de Miaco, et l’admit même à soutenir en sa présence une discussion théologique contre les bonzes. Le père Froes demeura victorieux ; mais pour éviter les pièges de ses rivaux, il jugea convenable d’aller porter la parole divine dans la province de Bungo. De retour à Miaco, en 1581, Nobunaga lui permit de professer son culte publiquement, et lui accorda même le droit d’élever une église.

Mais après le décès de Nobunaga, son successeur ne vit pas d’un bon œil ses vassaux s’inféoder à une puissance étrangère, la papauté, dont il ne pouvait imaginer la nature. Il se déclara contre les chrétiens, et le P. Froes fut obligé de se réfugier à Nangazaqui, où il mourut. Les dissensions entre jésuites portugais et franciscains espagnols lui fournirent un prétexte en 1587, pour interdire l’œuvre des missionnaires. Les missionnaires poursuivirent néanmoins leur œuvre en cachette, sans être inquiétés. Alors que le commerce avec l’étranger était encouragé, les conversions étaient déconseillées.

L’ardeur des missionnaires franciscains allait, en 1596, mettre le feu aux poudres, avec l’affaire du San Felipe, un galion espagnol dont les marins, quelque peu molestés, auraient menacé de faire appel à la puissance espagnole. Hideyoshi, redoutant une invasion et prenant les missionnaires pour des espions, fit alors crucifier 36 chrétiens dont 6 franciscains, en 1597.

Très séduisant exemplaire de cet écrit qui témoigne de l’élan missionnaire du XVIe siècle, préservé dans son pur vélin ivoire de l’époque.

Aucun exemplaire de cette édition rare n’est conservé dans les bibliothèques publiques françaises.

OCLC répertorie seulement 3 exemplaires : à la Bayerische Staatsbibliothek, à l’Université de Maastricht et à l’Universtité du Minnesota.

Le seul autre exemplaire de cet ouvrage à être passé sur le marché ces trente dernières années a été vendu 7 800 £ le 25 juin 1992 par Sotheby’s Londres, soit 13 000 € il y a plus de 15 ans.

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Le premier livre illustré sur la danse et les ballets publié en format in-folio.
Milano, 1604.

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NEGRI, Cesare. Nuove inventioni di balli, opera vaghissima di Cesare Negri milanese detto il Trombone, famoso e eccellente professore di ballare, nella quale si danno i giusti modi del ben portar la vita, et di accomodarsi con ogni leggiadria di movimenti alle creanze, et gratie d’amore. Convenevoli a tutti i cavalieri et dame, per ogni sorte di ballo, balletto, et brando d’Italia, di Spagna, et di Francia. Con figure bellissime in rame, et regole della musica, et intavolatura, quali si rechieggono al suono et al canto. Divisa in tre trattati…
Milano, Girolamo Bordone, 1604.

In-folio, plein veau marbré, dos à nerfs orné, tranches rouges. Reliure italienne vers 1720.

331 X 220 mm.

Première édition sous ce titre et seconde édition reproduisant celle de Milano, Piccaglia, 1602, aujourd’hui introuvable du premier grand livre illustré sur la danse au format in-folio.
Références : Brunet, IV, 34 et Supplément II, 13 ; Cicognara, N°1725 ; Fétis, VI, 295 ; Eitner, VII, 166 ; Hoepli, Cento libri preziosi, etc).

« Les deux ouvrages sont rares et assez recherchés » écrit Brunet IV, 34.

En réalité le bibliographe cite ces deux éditions comme des livres entièrement différents. Il décrit l’édition de 1602 et n’a jamais vu d’exemplaire de l’édition de 1604, d’où son erreur.
Aucun exemplaire de l’édition de 1602 n’est passé sur le marché public international depuis plus de 30 ans (APBC) et seuls deux exemplaires de 1604 sont répertoriés, l’un d’eux fut vendu 15 000 $ il y a une dizaine d’années.

Le volume dédicacé à Philippe III d’Espagne, est orné du portrait de l’auteur Cesare de Negri, à pleine page et de 58 superbes estampes à toute page de ballets, danseurs et danseuses, accompagnées de musique notée, dessinés par Mauro Rovere de son vrai nom Giovanni Rossetti dit « il Fiamminghino » et gravé au burin par Leon Pallavicino.

La première partie est d’un grand intérêt pour sa description précise des nombreuses fêtes et ballets donné à Milan à cette époque. Elle est accompagnée du nom des cavaliers, ainsi que du nom et de la qualité des cavalières.

L’exemplaire possède le rare carton de 10 lignes collé à la page 182 qui manque souvent.

Exemplaire non lavé, conservé dans sa reliure italienne réalisée vers 1720 portant en lettres d’or sur le premier plat le nom « c da ega » et provenant de la bibliothèque napolitaine p. drayton (Naples 1857).

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Les peintures murales de Pompéi
à travers 20 superbes chromolithographies du plus haut intérêt.

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CERILLO, Edoardo. Dipinti murali di Pompei. Medaglie Istituto d’Incoraggiamento di Napoli Esposizioni di Londra e Milano. Illustrazione per l’Arch. Ingre. Edoardo Cerillo. Versione francese pel cav. Giulio Cottrau.
Proprietà Cav. Uff. Pasquale d’Amelio, Napoli, n.d. [1886].

Grand in-folio de (1) f. de couverture, ix pp. (dont le titre lithographié orné d’une vignette), 20 pp. de texte et 20 chromolithographies numérotées. Infimes rousseurs. Conservé en feuilles, tel que paru, dans la chemise de l’éditeur.

630 x 445 mm.

Rare ouvrage superbement illustré consacré aux peintures murales découvertes à Pompéi aux XVIIIe et XIXe siècles.

Le texte qui accompagne les planches est imprimé sur deux colonnes parallèles, en italien et en français et la préface en italien est de Giulio de Petra.

L’illustration magnifique se compose de 20 grandes chromolithographies réalisées d’apres l’architecte italien Edoardo Cerillo et gravées par Vincenzo Loria (1850-1939). Elles représentent : la Maison de la Princesse Marguerite, la Maison de Vedius Siricus, la Maison de la petite fontaine en mosaïque, la Maison d’Arianne ou des chapiteaux colorés, la Maison d’Arianne abandonnée, la Maison de Marc Lucrèce, la Maison de la paroi noire, la Maison du poète tragique, la Maison de Castor et Pollux, la Maison d’Orphée, la Panthéon, la Maison du notaire, la Maison de Salluste, la Maison d’Apollon, la Maison de Vedius Siricus, la Maison de la Reine d’Italie, la Maison d’Elpidius Sabinus, la Maison d’Adonis, la Maison du Decumanus Maior, les Thermes Stabianes.

Les couleurs extrêmement vives sont considérées comme étant très proches des couleurs originales observées sur le site au moment des fouilles.
Le présent ouvrage est extrêmement intéressant car c’est le premier à offrir une vision d’ensemble des compositions murales de Pompei.

The 20 large plates finished last year by Richter & Co., of Naples, and issued by Cavalier Pasqualé d’Amelio, with Italian and French comments in parallel columns, bring into prominence the architectonic side of Pompeiian wall painting. The colors are very close to the originals during the first days of their recovery from the darkness of 2000 years, before the hot Neapolitan sun has bleached some of the pigments and induced a delicacy of tone which was not meant by the painters. The text is written by an architect, Edoardo Cerillo, who is not only well read in the great literature that deals with this famous little buried town, but has ideas of his own, and bold ones. He calls attention to the value of these compositions, invented to give variety and change to plain walls, not so much for their artistic beauty as for the lessons they contain concerning the architecture of Rome, Greece and the Orient. Hence the publication is of special interest to the architect and decorative artist; for to the one it shows the variety and grace of buildings now impossible to reconstruct from any other sources, and to the other the possibility of introducing bold and beautiful effects on blank walls by the use of colors. The 20 plates in chromo-lithography, together with ample descriptive and critical text, appears in large, loose sheets in a portfolio, cost $75 a set, and form a limited edition. If the publisher receives encouragement here the American edition will be 100 copies”.
(The New York Times, 20 juin 1887).

Aucun exemplaire de ce livre n’est répertorié dans ABPC.

Précieux ouvrage de toute beauté, du plus haut intérêt du point de vue de l’architecture, de la décoration, mais aussi de l’histoire de la civilisation romaine.

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Catalogue 8

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