Les impressions lointaines
Très rare édition originale
du premier livre sorti de l’imprimerie catholique de Bangkok,
l’un des tout premiers témoignages de l’essor de l’imprimerie en Thaïlande.Bangkok, 1838.
AKSON EUROPA CHEEK TAM PHASA THAI SAMRAB DEK PHU’NG HAT RIEN NANGSU(= Caractères européens tirés de prières, destinés aux enfants qui commencent juste à apprendre à lire et à écrire).
Na : Bangkok, Sakkarat P. Christo Chao 1838. (= à Bangkok, l’année chrétienne 1838).
In-12 composé de (2) ff. dont 1 de titre, 56 pp., et (1) f. Vignette gravée sur le titre. Conservé dans son cartonnage d’origine. Boîte moderne.
155 x 98 mm.
Très rare édition originale du premier livre sorti de l’imprimerie catholique de Bangkok.
L’un des tout premiers témoignages de l’essor de l’imprimerie en Thaïlande.
Il semble difficile de déterminer précisément la date des débuts de l’imprimerie en Thaïlande. Gérald Duverdier, dans « La transmission de l’imprimerie en Thaïlande », article publié dans le « Bulletin de l’Ecole française d’Extrême-Orient », tome 68, 1980, remarque que les auteurs qui ont écrit sur ce sujet donnent des dates assez diverses : 1830, 1835, 1836, 1839, … Selon lui, le premier ouvrage imprimé au Siam serait un catéchisme rédigé par Mgr. Arnaud Antoine Gasnault, intitulé « Khâm son christang » et daté de 1796. Mais cette première tentative resta sans suite, et ce livre est devenu aujourd’hui introuvable.
Puis G. Duverdier écrit : « les Robinson [missionnaires protestants américains] trouvèrent une petite maison portugaise près de la mission baptiste de Bangkok ; c’est probablement là que fut faite la première impression en caractères thaïs, le 3 juin 1836. C’était un tract de 8 pages avec l’exposé des principales doctrines chrétiennes […] L’impression du 3 juin 1836, une simple feuille rappelons-le, n’avait été qu’un essai ».
Ce sont les missionnaires catholiques qui imprimèrent à Bangkok le premier livre à caractère non exclusivement religieux, en 1838 : le « Akson europa cheek tam phasa thai samrab dek ph’ung hat rien nangsu ».
Il s’agit donc non seulement du plus ancien livre imprimé à Bangkok encore aujourd’hui en main privée, car le catéchisme de 1796 est devenu introuvable, et la brochure de 1836 qui ne comportait que 4 feuillets ne peut pas être considérée comme un livre, mais il s’agit aussi de la première impression thaïlandaise connue n’ayant pas un caractère exclusivement religieux.
Le présent ouvrage a une fonction plus complexe que son titre le laisse entendre. Il semble avoir été rédigé à l’attention de prêtres catholiques Thaïlandais soucieux d’enseigner les bases de cette langue aux enfants étrangers. La première partie forme une introduction au langage thaïlandais et au système de numérotation utilisés dans l’enseignement (pp. 1 à 29) et révèle les dix règles à suivre par les étudiants (pp. 29 à 31) : 1. les villageois ne sont pas admis dans la salle de cours ; 2. les enfants doivent être sages et ne pas faire les idiots ; 3. les enfants doivent s’asseoir en rangs ; 4.le jeudi est un jour de congé ; 5. les enfants manquant l’école doivent recevoir une fessée ; 6. chaque année un mois de vacances sera fixé ; 7. tous les enfants doivent aller à la messe tous les jours ; 8. les professeurs doivent faire asseoir les enfants en rangs en alternant les garçons et les filles ; 9. les enfants devraient aller se confesser au moins une fois par mois à l’église et en profiter pour réciter le ‘doctrina’; 10. les enfants devraient balayer l’église 2 fois par semaine : le lundi et le samedi. Les pages 31 à 45 présentent des prières en latin et en thaï. La fin de l’ouvrage est consacrée aux instructions que les prêtres catholiques doivent respecter lors de la célébration de la messe (allumer les bougies, réciter telle prière, s’agenouiller, …).
Il ne s’agit donc pas seulement d’un livre destiné à la formation des prêtres catholiques, mais aussi d’un manuel d’apprentissage du vocabulaire, de la prononciation et du système numéraire thaïlandais destiné aux enfants étrangers.
Ouvrage de toute rareté conservé dans son cartonnage d’origine.
Le présent ouvrage est absent des collections de la B.n.F. La plus ancienne impression faite à Bangkok conservée par la B.n.F. serait « Parables of the Lord Jesus », sous la signature de John Taylor Jones, avec la mention « 2e édition, 1839 », mais sans lieu d’impression. Cet ouvrage a été réalisé en caractères thaïs.
OCLC ne répertorie aucun exemplaire de cet ouvrage.
Provenance : Séminaire des missions étrangères (tampon rouge sur le feuillet de titre).
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Très rare édition originale de cet ouvrage « précieux pour l’histoire de Mexico ».
Mexico, 1637.
CEPEDA, Fernando de / CARRILLO, Fernando Alfonso. Relacion Universal legitima, y verdadera del sitio en que esta fundada la muy noble, insigne, y muy leal Ciudad de Mexico, cabeça de las Provincias de toda la Nueva Espana. Lagunas, Rios, y Montes que la cinen y rodean. Calçadas que las dibiden. Y Azequias que la atraviesan. Ynundaciones que à padecido desde su Gentilidad. Remedios aplicados. Desagues propuestos, y emprendidos. Origen y fabrica del de Gueguetoca, y estado en que oy se halla. Ymposiciones, derramas, y gastos que se an hecho. Forma con que se a auctuado desde el ano de 1553 hasta el presente de 1637. [Avec la suite].
Mexico, Francisco Salbago, 1637.
4 parties reliées en 1 volume in-folio de (2) ff., 31 ff., 41 ff. (chiffrés par erreur 42), 41 ff. chiffrés 1 à 28 puis 29 à 39 (les ff. 17-18 sont répétés), (1) f., 11 ff. Exemplaire complet.
Relié en veau brun, dos lisse orné, gardes renouvelées, tranches rouges. Charnières frottées. Reliure de l’époque.
278 x 196 mm.
Très rare édition originale de cet « ouvrage précieux pour l’histoire de Mexico ».
(Leclerc, Bibliotheca Americana, 1095).
Brunet, I, 1739 ; Graesse, Trésor de livres rares, 103 ; Sabin 11693 ; Medina, La imprenta en México, II, 484.
Le présent ouvrage fut publié huit ans après la terrible inondation qui ravagea l’opulente cité de Mexico en 1629. Les conséquences de ce cataclysme furent catastrophiques pour la ville et ses habitants. Entre 1629 et 1637, plusieurs propositions furent faites pour protéger la ville des inondations. Tous ces projets étaient coûteux et difficiles à réaliser. La situation pendant cette période fut si terrible que la couronne d’Espagne ordonna de transférer la capitale à un autre endroit, mais cela ne put être réalisé en raison des coûts trop élevés. Finalement, grâce à des années un peu plus sèches, la situation s’améliora, tant et si bien qu’entre 1634 et 1637 purent reprendre les travaux de drainage. Les propositions d’amélioration affluèrent également et il fuit décidé de convertir le tunnel de Huehuetoca en fossé ouvert. C’est ainsi que continuèrent, lentement et chaotiquement, les travaux du drainage.
« Cet ouvrage, rare et précieux pour l’histoire de Mexico, a été écrit d’après les ordres du vice-roi lope Diaz de Armendariz, marquis de Cadereita.C’est l’histoire de tous les travaux faits pour préserver la ville des inondations, dont celle de septembre 1629 fut la plus désastreuse.Ajoutons que les ff. de la troisième partie se trouvent à la fin de l’ouvrage et après la quatrième partie (le f. 41 contient la souscription de l’imprimeur).
La quatrième partie fut imprimée plus de trois mois après la publication de l’ouvrage, et cette pièce (ainsi que la fin de la troisième partie) manque généralement. Elle a été insérée dans les exemplaires par ordre du vice-roi, en raison des observations judicieuses qu’elle présentait ». (Leclerc).
« This very rare book contains an official account of the celebrated Desaque, or canal of Gueguetoca, called, by Humboldt, Huehuetoca, which was constructed to carry off the superabundant waters of the lake of Mexico. Humboldt gives a full account of this stupendous undertaking. Rich”. (Sabin).
« Fernando de Cepeda, écrivain mexicain, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. Il fut membre du conseil royal de Mexico, et l’un des auteurs de la Relacion universal legitima y verdadera del sitio de Mexico qui fut publiée en 1637 par D.J. de Albares Serrano ; Mexico, Salbago, 1637, in-folio ». (Nouvelle biographie générale, 387).
Précieux exemplaire, bien complet de la rarissime quatrième partie, conservé dans sa reliure de l’époque.
Ouvrage d’une grande rareté. Parmi les institutions françaises, seule la B.n.F. en possède un exemplaire. OCLC n’en répertorie que deux exemplaires complets des 4 parties : University of California, Berkeley et University of Oxford.
Aucun des trois exemplaires passés sur le marché public international depuis 1975 et répertoriés dans ABPC ne possédait la quatrième partie du texte.
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Edition originale de
« l’une des grammaires mexicaines les plus estimées et des plus rares » (Chadenat),
conservée dans son vélin souple de l’époque.
VETANCURT, Père Augustin de. Arte de lengua mexicana, dispuesto Por orden, y mandato de N. Rmo P. Fr. Francisco Trevino, Predicador Theologo, Padre de la Santa Provincia de Burgos, y Comissario General de todas las de la Nueva-Espana […]. Dedicado al bienaventurado San Antonio de Padua por el P. Fr. Augustin de Vetancurt hijo de la dicha Provincia del Santo Evangelio, Predicador jubilado ex Lector de Theologia, y Preceptor de la lengua Mexicana, Vicario de la Capilla de San Joseph de los Naturales en el Convento de N. P. S. Francisco de Mexico.
Mexico, Francisco Rodriguez Lupercio, 1673.
Petit in-4 de [1] f.bl., [6] ff., 50 ff. mal chiffrés 49, [8] ff. Vignette gravée sur bois au titre. Relié en plein vélin souple de l’époque, dos lisse, lanières en cuir en partie conservées.
199 x 137 mm.
Édition originale, imprimée à Mexico, d’ « une des grammaires mexicaines les plus estimées et des plus rares » (Leclerc).
Streit, Bibliotheca Missionum, 2326 ; Leclerc, Bibliotheca Americana, 2337 ; Sabin 99384 ; Graff 4475 ; Palau 361209 ; Brunet, supp. II, 874 ; Chadenat, 4698.
Brunet considère cet ouvrage comme un « livre fort rare ».
« Le Père Augustin de Béthencourt, de parents issus de Jean de Béthencourt (le conquérant des Canaries), naquit à Mexico en 1620, prit très jeune l’habit religieux et passa presque toute sa vie parmi les indiens. Il connaissait à fond la langue mexicaine et sut profiter des documents écrits en cette langue pour composer sa chronique. Ce savant franciscain mourut à l’âge de 80 ans ». (Leclerc).
Les 8 ff. non chiffrés qui terminent l’ouvrage sont occupés par l’ « Instruccion breve para administrar los Santos Sacrametos de la Confession, Viatico, Matrimonio y Velaciones en la lengua Mexicana » et par un « Catecismo Mexicano ».
L’ensemble des bibliographes s’accorde à souligner à la fois la qualité et la grande rareté de cet ouvrage.
Très bel exemplaire conserve dans son velin souple de l’époque.
Un seul autre exemplaire en reliure de l’époque est passé sur le marché public international ces trente dernières années.
Provenance : inscription manuscrite sur le titre : « Agosto 29 de (17)48 le compro, de Mendoza » et signature autographe sur le f. 1 : « Bernardo Man. De Mendoza ».
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L’édition originale du Code de la Martinique,
la plus ancienne impression connue faite dans cette île.
[PETIT DE VIEVIGNE, Jacques]. Code de la Martinique.
Saint-Pierre, de l’Imprimerie de Pierre Richard, 1767.
Relié à la suite : Supplément au code de la Martinique.
Saint-Pierre, Pierre Richard, 1772.
2 parties reliées en 1 volume in-folio de (4) pp., XX, 552, viii, 152.
Conservé dans son cartonnage de papier bleu marbré d’origine, tranches rouges. Défauts d’usage à la reliure.
313 x 197 mm.
Edition originale fort rare de cet « incunable » martiniquais.
Sabin, 61263 ; Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, 623 ; L’Imprimerie hors l’Europe, p. 143 ; Dampierre, p. 198 ; Leclerc, Bibliotheca Americana, 1436.
Recueil officiel de la plus haute importance pour l’histoire de la Martinique et pour l’histoire du droit. Ce Code fut rédigé par Jacques Petit de Viévigne, qui était conseiller honoraire au Conseil supérieur de la Martinique en 1786, sénéchal et juge de l’amirauté de Saint-Pierre de la Martinique.
« Cet ouvrage a été conçu et rédigé suivant un plan méthodique, de manière à servir à l’administrateur et au juge. Pour l’histoire, on a fait une table des documents par ordre chronologique. Mais il est bon d’ajouter que le seul acte antérieur à 1664 contenu dans le « Code » est l’Edit de 1642 portant extension des privilèges concédés à la Compagnie des Isles de l’Amérique […]. C’est la réédition de 1807-1814 de cet ouvrage que l’on rencontre ordinairement, l’édition originale étant fort rare » (Dampierre).
Il est divisé en 8 parties : la première contient les lois sur l’Administration générale, la seconde celles ayant trait à l’Eglise, la troisième à l’armée, la quatrième concernant les finances, la cinquième le commerce, la sixième la marine, la septième traitant de la justice et la dernière de la police.
Le Supplément publié en 1772 est également de la plus grande rareté et se trouve rarement relie a la suite du code.
La Martinique fut occupée en 1635 au nom de la France par Charles Lyénard et Jean Duplessis ; Saint-Pierre fut créée en 1658 et Fort-de-France en 1672. Les anglais s’emparent de l’île le 13 février 1762 ; le traité de Versailles (1767) la rend à la France. Un décret de 1789 déclare les hommes de couleur égaux aux blancs, puis la Convention proclame la liberté des noirs. La guerre civile qui suit l’émancipation ruine les cultures et malgré la résistance de Rochambeau, les anglais s’emparent à nouveau de l’île en 1794. Un traité en novembre 1815 rattachait définitivement la Martinique à la France. C’est dans ce contexte mouvant qu’est édité le Code de la Martinique. Le premier volume paraît l’année même de la ratification du traité de Versailles.
Le Code de la Martinique est la plus ancienne impression connue faite dans cette île.
« L’imprimerie doit remonter à l’année 1729 en Martinique, à cette date le premier brevet d’imprimeur est accordé au sieur Devaux, libraire ; mais on ne connaît aucune impression sortie de cet atelier. Ce n’est qu’en 1767 que nous pouvons citer un livre, qui, jusqu’à nouvelle découverte, est un incunable » (L’Imprimerie hors l’Europe).
« Recueil important et fort rare pour l’histoire de la Martinique ; c’est une des plus anciennes impressions faites dans cette île, quoique le premier brevet d’imprimeur ait été accordé à un sieur Devaux en 1729, on ne connaît aucun livre sorti des presses de cet imprimeur » (Leclerc).
Il est intéressant de lire dans la préface d’une édition postérieure du Code, imprimée à Saint-Pierre en 1807-1814, que cette édition originale de 1767 était déjà devenue introuvable : « Considérant que le Recueil connu sous le nom de ‘Code de la Martinique’ est devenu tellement rare qu’on ne peut plus se le procurer à aucun prix ; que cependant cette collection, la seule de son genre existante, est devenue indispensable pour le maniement des affaires, tant publiques que privées, dans cette colonie… ».
Intéressant exemplaire conservé dans son état d’origine, dans son cartonnage de papier bleu marbré, sans aucune restauration. Tiré à petit nombre à des milliers de kilomètres de la métropole, dans un climat peu propice à la conservation des livres, ce volume est parvenu jusqu’à nous dans sa stricte condition de l’époque.
Provenance : cachet de la Bibliothèque du Château de Saint-Marcel (B. du R.) sur le titre.








