Première édition des Pensées philosophiques de Diderot
L’édition originale des Pensées philosophiques de Diderot.
Exemplaire en maroquin rouge de l’époque provenant des collections
Louis Pierre Parat de Chalandray et Robert Hoe.
DIDEROT. Pensées philosophiques.
La Haye, Aux dépens de la Compagnie, 1746.
In-12 de (1) f.bl., 1 frontispice, (1) f. de titre, 136 pp., (6) ff. de table, (1) f.bl.
Relié en plein maroquin rouge de l’époque, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné de filets et de fleurons dorés, pièce de titre de maroquin havane, filet doré sur les coupes, roulette intérieure dorée, gardes de papier à motif floral, tranches dorées sur marbrures. Quelques petites taches sur les plats. Reliure de l’époque.
152 x 89 mm.
Edition originale du premier grand traité philosophique de Diderot.
Tchemerzine, II, 919 ; David Adams, Bibliographie des œuvres de Denis Diderot, II, PD3 ; Niklaus (1965).
Exemplaire sur papier fort du premier état selon Niklaus et Tchemerzine, avec les erreurs d’imposition mentionnées par celui-ci aux pp. 31 à 34 et 43 à 46 (réf. : Tchemerzine, II, 919) ; du troisième état selon David Adams (réf. : David Adams, II, PD3).
« Le premier tirage, rare, contient des erreurs d’imposition aux pp. 31 à 34 et 43 à 46 » (Tchemerzine).
L’ouvrage se présente comme une apologie du déisme, opposé à la fois aux religions révélées, au christianisme surtout et à l’athéisme.
« Diderot dénonce ainsi l’absurdité des différents dogmes de la religion chrétienne, qu’il juge contraires à la morale, tout en soulignant la faiblesse des preuves qu’elle invoque, notamment des preuves historiques, fondées le plus souvent sur des témoignages suspects. Il s’en prend également à l’idéal d’ascétisme de la morale chrétienne, auquel il propose de substituer une morale visant à un libre développement de la nature humaine. Diderot entreprend par ailleurs de réfuter l’athéisme, auquel il oppose le spectacle de l’ordre de la nature, en particulier celui régnant dans le monde vivant, qui révèle, selon lui, l’existence d’une Intelligence créatrice. Il n’en reconnait pas moins la force des arguments avancés par les athées, ce qui a pu faire dire parfois que le déisme affiché par Diderot n’était que le masque d’un athéisme qui n’osait pas dire son nom ».
Le traité contient ainsi 62 pensées philosophiques.
Dès que paru, il fut condamné au feu par le Parlement de Paris le 7 juillet 1746 comme « présentant aux esprits inquiets et téméraires le venin des opinions les plus criminelles et les plus absurdes, dont la dépravation de la raison humaine soit capable, et plaçant par une incertitude affectée toutes les religions presque au même rang pour finir par n’en reconnaitre aucune ».
Belin : Le mouvement philosophique de 1748 à 1789, p. 25. Parie, 1913.
Le présent ouvrage est illustré en premier tirage d’un frontispice gravé représentant la Vérité, debout à droite arrachant le masque à la Superstition qui, renversée, tient un sceptre brisé.
Bel exemplaire grand de marges conservé dans son maroquin rouge de l’époque.
Provenance : note manuscrite sur la garde : « Donné le 17 février 1782 à Mr. De Chalandray par Mme. sa mère » et Robert Hoe avec ex libris.
Louis Pierre Parat de Chalandray (1746-1836) est un haut fonctionnaire et homme politique français. Il fut le dernier seigneur de La Celle Saint-Cloud et de Bazemont sous l’Ancien Régime puis maire de Bazemont pendant 22 ans. Il nait à Paris le 14 novembre 1746. Issu d’une famille de puissants financiers, son père est Jérome Louis Parat de Montgeron (1713-1792). Il commence sa carrière publique comme Receveur Général des finances de Lorraine et Barrois, charge héritée de son père, puis il devient Receveur Général des Finances de l’Orléanais.
Prix : € 15 000

