L’architecture des villes en image : l’évolution de leur représentation de 1493 à 1616.


Première édition de la Chronique de Nuremberg
imprimée en juillet 1493, ornée de 1809 gravures sur bois.

SCHEDEL, Hartmann. Liber Chronicarum. Chronique de Nuremberg.
A la fin : “Consummatu autem duodecima mensis Iulii. Anno Salutis n’re. 1493. »
Nuremberg, 12 juillet 1493.

Grand in-folio gothique de 64 longues lignes à la page, de (20) ff. préliminaires, 300 ff. et (5) ff. insérés entre les ff. 266 et 267 (sans le feuillet blanc final). Complet des 3 feuillets blancs CCLIX-CCLX et CCLXI ; la carte sur double-page à la fin du volume est renforcée dans la marge intérieure.

Relié en maroquin brun estampé à froid du XIXe siècle, dos à nerfs décoré à froid.

452 x 305 mm.

Edition originale de la Chronique de Nuremberg illustrée de 1809 gravures sur bois.
Fairfax Murray, II, 394 ; Hain 14508 ; Proctor 2084 ; B.M.C. II, 437; Muther 424; Schreiber 5203; Dogson, I, 228; Goff S 307; Leclerc, Bibliotheca Americana, 533.

Somme des connaissances historiques et géographiques des années 1490, la chronique de Nuremberg est une formidable mise en scène de l’Europe de la fin du Moyen-âge.

Outre un historique très complet des principaux pays et villes, cette chronique universelle abonde en détails savoureux ; invention de l’imprimerie, invention des échecs, découvertes des navigateurs portugais, mise en chantier de monuments importants.

“Ce magnifique volume, connu sous le nom de ‘Chronique de Nuremberg’, est une des plus belles publications du XVe siècle. Il est illustré à profusion : les bois qui le décorent sont au nombre de plus de 2250 sujets dont plusieurs de la grandeur des pages, gravés par Wolgemuth (le maître du célèbre A. Durer) et par W. Pleydenwurff. Les noms de ces deux artistes sont indiqués dans la souscription qui se lit au verso du f. CCC.

Nous plaçons ce livre dans notre ‘bibliotheca americana’, parce que on y trouve quelques renseignements sur les navigations portugaises du XVe siècle. Au verso du f. CCXC, il est dit, que le roi de Portugal Jean II, envoya en 1483, Diego Cam navigateur portugais et Martin Behaim de Nuremberg, célèbre cosmographe, avec plusieurs vaisseaux en Afrique, qu’ils vinrent sur les côtes de la mer du Sud et qu’après avoir traversé la ligne, ils aperçurent le Nouveau-Monde. Enfin, après une navigation de 26 mois, ils retournèrent en Portugal, et comme preuve de leurs découvertes, apportèrent du poivre et d’autres graines. [Ce fut dans ce voyage que Diego Cam découvrit le royaume de Bénin et celui de Congo]. » (Leclerc, Bibliotheca Americana, 533).

Orné d’un grand titre xylographique à pleine page, ce superbe incunable est illustré de plus de 1800 bois, certains répétés, d’une grande beauté et d’une précision inouïe.

Une multitude de villes d’Europe sont gravées sur double ou simple page, la plupart étant des représentations authentiques de l’état de ces diverses cités à la fin du XVe siècle : Jérusalem, Rome, Venise, Florence, Augsbourg, Vienne, Nuremberg (345 x 520 mm), Constantinople, Strasbourg, Salzbourg, Ulm, Munich, Prague, Bâle, Cracovie, Lübech, …

De grands bois représentent notamment La Création (222 x 220 mm), Dieu maître de l’univers (275 x 224 mm), La Création d’Eve, l’Expulsion du Paradis, Eve avec Caïn et Abel, …

Ces bois si célèbres sont dus à Wolgemut, né à Nuremberg en 1434, maître d’Albert Dürer de 1486 à 1490 et considéré comme le peintre le plus éminent de son temps.

Les bibliographes sont unanimes à souligner la qualité, la richesse et l’importance de l’illustration signée d’un maître reconnu, de cette chronique universelle. Il s’agit de l’un des témoignages incunables les plus spectaculaires sur l’Europe du XVe siècle.

« The Chronicle and the Schatzbehalter are the two first important books with original illustrations published at Nuremberg and with the exception of Bredenbach, the earliest books printed in Germany of which the woodcuts can be assigned with certainty to a known draughtsman ». Dogson.

Le texte enrichi au départ de grandes initiales peintes en rouge et en bleu est entièrement rubriqué en rouge.

Séduisant exemplaire, grand de marges (452 mm de hauteur) et bien complet des 3 feuillets blancs qui manquent souvent.

Prix: € 75 000

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236 villes de la Renaissance brillamment enluminées à l’époque.
Exceptionnel exemplaire du Braun et Hogenberg
conservé dans ses élégantes reliures décorées de l’époque.

Cologne, 1575-1588.

BRAUN, Georg et HOGENBERG, Franz. Civitates Orbis Terrarum.
Cologne, G. von Kempen, 1575-1588.

4 volumes in-folio reliés en plein veau de l’époque, dos à nerfs ornés de fleurons dorés, armes frappées postérieurement au centre des plats. Reliures de l’époque.

1 f. préliminaire du volume 4 est relié dans le volume 3, les pl. 43 du volume 1 et 25 du volume 4 proviennent d’un autre exemplaire et ont été reliées dans celui-ci il y a longtemps, de légères traces de mouillures et de brunissures, les pl. 31 et 1 du volume 4 sont légèrement tachées, manque dans la marge de la pl. 54 du volume 2.

Le premier livre imprimé représentant l’ensemble des cités occidentales et méditerranéennes à la fin de la Renaissance.
Koeman, II, B & H 1-4.

Les volumes 2 et 4 sont en édition originale, les volumes 3 et 1 sont respectivement en seconde et cinquième éditions latines.

Deux autres volumes furent édités quelques années plus tard, en 1598 et 1617.

L’exemplaire est orné de 4 frontispices et de 236 estampes sur double-page, représentant 374 vues de villes et plans.

L’ensemble des estampes a été finement colorié à l’époque.

De nombreuses estampes sont embellies de scènes animées de personnages en costumes de l’époque et d’armoiries. De nombreuses estampes sont à double-page.

Les auteurs de cette œuvre monumentale sont Georg Braun (1541-1622) de Cologne et le graveur Franz Hogenberg (1540-1590). La facture des estampes appartient incontestablement à l’école des Pays-Bas du sud mais l’on y décèle également une influence flamande.

Les « Civitates » furent l’une des œuvres majeures du dernier quart du XVIe siècle et comme elles n’avaient pas de précédent, elles répondirent immédiatement à la demande d’un vaste public qui pour des raisons économiques, politiques et sociales, vivait à cette époque dans les cités.

La publication de cet extraordinaire ouvrage s’étendit sur 45 années et la plupart des exemplaires recensés sont incomplets.

L’ouvrage décrit les villes de France, Italie, Espagne et du Levant (volume 1), des Pays-Bas, iles anglo-normandes, Europe centrale et Russie (volume 2).

« The supreme value of this work lies in its survey of European towns and cities jus tat the time when draughtsmen were capable of conveying a wealth of information in a single portrayal ».

Le premier, le plus beau et le plus spectaculaire des livres d’architecture de la Renaissance, consacré à l’étude et à la représentation des villes du monde occidental et méditerranéen, colorié et enluminé à l’époque.

Exemplaire exceptionnel, complet de l’ensemble de ses estampes, conservé dans ses superbes reliures décorées de l’époque et dont les frontispices et les 236 extraordinaires planches ont été finement coloriés à l’époque.

Provenance : ex libris et armoiries du XIXe siècle de la Tempsford Hall Library.

Prix : € 275 000

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Deux superbes livres de fêtes illustrés,
conservés dans leur reliure en vélin de l’époque décoré.

BOCH, Jean. Historica narratio profectionis et inaugurationis serenissimorum belgii Principum Alberti et Isabellae, Austriae Archiducum.
Anvers, plantin, J. Moretus, 1602.
[Relié avec :]
BOCH, Jean. Descriptio Publicae Gratulationis, spectaculorum et Ludorum, in adventu sereniss. Principis Ernesti Archiducis Austriae, Ducis Burgundiae […].
Anvers, Plantin, 1595.

2 ouvrages reliés en 1 volume in-folio de : I/ 500 pp. et (12) pp. y compris les 4 titres gravés, les 15 planches sur double-page, les 13 planches à pleine page et les 2 pp. de musique gravées ; II/ 174 pp. et (1) f. y compris les 2 titres gravés, les 2 pp. de musique, les 4 planches sur double-page et les 29 planches à pleine page. Restauration en marge de 3 ff. sans atteinte au texte (dont le feuillet de marque).

Plein vélin ivoire à recouvrement, encadrement de filets a froid sur les plats avec fleurons d’angles, médaillon central frappé sur le plat supérieur avec la mention « Paulus Bernhardus Noribergensis 1599 », dos lisse orné de fleurons et d’étoiles frappés à froid. Coiffe inférieure restaurée. Reliure de l’époque.

375 x 250 mm.

I/ Edition originale de l’un des plus remarquables livres de fêtes imprimé sur les presses des Plantin.

Ce livre de fêtes, édité à 775 exemplaires seulement, célèbre l’entrée d’Albert d’Autriche et de sa femme Isabelle d’Espagne dans les Pays-Bas.
Ruggieri 1065 ; Landwehr 62 ; Vinet 621 ; Berlin cat. 2945 ; Cicognara 1408 ; Lipperheide Sd14.

L’illustration superbe se compose de 4 titres gravés et de 28 grandes planches par Pieter Van der Borcht (1545-1608) dont 15 sur double-page. Elles évoquent avec une infinité de détails l’ensemble des manifestations et réalisations dues à cette entrée royale : Salves et défilé équestre, parade extra-muros, entrée des souverains sous un dais, arcs de triomphe dont celui d’Hercule, spectaculaires illuminations, représentations théâtrales, grand-place ornée et illuminée, éléphant, char de Neptune, joutes et jeux sur la grand-place, feux d’artifice,Les costumes de l’époque sont représentés de manière très minutieuse et les détails architecturaux des maisons et autres édifices sont du plus haut intérêt, particulièrement ceux d’Anvers.

La première partie de l’ouvrage décrit une fête donnée à Bruxelles, la seconde, richement illustrée, relate les festivités d’Anvers. Les parties 3 et 4 concernent respectivement les spectacles donnés à Gand et Valenciennes.

II/ Première édition de l’un des plus beaux livres de fêtes baroques.
Ruggieri 1064 ; Landwehr 50 ; Vinet 620 ; Berlin cat. 2944.

Il relate l’entrée triomphale à Anvers en juin et juillet 1594 de l’archiduc Ernest d’Autriche, nommé par Philippe II gouverneur des Pays-Bas.

Mais l’archiduc mourut subitement à Bruxelles en 1595 et Boch conclut l’ouvrage par une oraison funèbre.

Les compositions architecturales réalisées pour cet ouvrage furent gravées par Pieter Van der Borcht d’après les dessins de Cornelis II Floris, Joos de Momper et Maartin de Vos.

Elles font de ce livre de fêtes l’un des sommets de l’illustration baroque.

En 33 planches sont représentés les différents arcs de triomphe, cortèges, illuminations, jeux et manifestations théâtrales donnés en cette occasion.

Selon Funck (280-281), « les planches les plus remarquables représentent le cortège marchant vers la ville avec une vue d’Anvers, l’illumination de la grand-place et un tournoi ».

Ce livre de fête est signalé pour son importance et sa rareté par les bibliographes et notamment par A. J.-J. Delen dans son « Histoire de la gravure dans les anciens Pays-Bas » (II, pp. 95-96) :

« L’année 1595 vit l’apparition du plus important ouvrage de Van der Borcht… Il est en général plus monumental que celui de Grapheus Coecke, non seulement à cause de son format grand in-folio mais aussi à cause de son illustration… Van der Borcht souhaitait mettre au service de ce grand ouvrage toute la puissance de son talent… Le beau frontispice de Van der Borcht et la conception générale du livre par Bochius annonce sans aucun doute le style opulent que Rubens et ses collaborateurs créeront plusieurs années plus tard dans le « Pompa Introitus » de 1641 ».

Superbe réunion de deux grands livres de fêtes illustrés conservés dans leur pleine reliure de l’époque en velin décoré.

Prix: € 19 500

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Séduisant exemplaire entièrement colorié à l’époque
et conservé dans son vélin d’origine.

BERTIUS, Petrus. Commentariorum rerum Germanicarum Libri Tres.

Amsterdam, apud Joannem Janssonium, 1616.

In-4 oblong de (10) pp. y compris le titre frontispice et la planche avec le blason, 732, (2).

Relié en plein vélin souple de l’époque, dos lisse avec le titre manuscrit. Quelques légères brunissures et rousseurs en début de volume, sans atteinte au texte. Quelques réparations marginales.

238 x 178 mm.

Edition originale de cet atlas de poche consacré à l’architecture, aux cartes et aux vues de villes de l’empire allemand au tout debut du XVIIe siècle.

Catalogue of the Avery Architectural Library, p. 80; Lipperheide, Katalog der Kostumbibliothek, 677; Chadenat, I, 16; Bachmann 15.

L’ouvrage est divisé en trois parties distinctes, les deux premières analysant l’évolution historique de l’Allemagne depuis l’antiquité jusqu’au début du XVIe siècle en s’appuyant sur des cartes détaillées, la troisième offrant un panorama des villes du Saint Empire romain germanique à la veille de la Guerre de Trente ans.

L’abondante illustration se compose, outre le frontispice, de 26 cartes gravées dont 20 à pleine page, et de 101 vues de villes détaillées. Ces planches sont extrêmement intéressantes car elles donnent des informations tant sur le plan de l’architecture que sur le mode de vie ou l’habillement des populations de l’époque. Un grand nombre de panoramas présentent en effet au premier plan les habitants des villes. Parmi les villes représentées l’on trouve : Amsterdam, Strasbourg, Bâle, Bergen, Bern, Bonn, Colmar, Frankfurt, Copenhague, Heidelberg, Munich, Prague, Riga, Stockholm, Zurich, Vienne, Hambourg, Weimar, etc.

« Joli titre gravé, 26 cartes et 101 vues de villes très finement gravées » écrivait Chadenat (I, 16), dont l’exemplaire était incomplet et en noir.

Pierre Bertius (1565-1629), était géographe et historiographe de Louis XIII.

« Après avoir fait ses études à Leyde, il professa dans plusieurs villes ; puis il voyagea en Allemagne avec Juste Lipse, en Bohême, en Silésie, en Pologne, en Russie et en Prusse. A son retour il fut nommé professeur à Leyde, et chargé du soin de la bibliothèque de cette ville ; il la mit en ordre et en publia le catalogue en 1606. Mais ayant pris parti pour les doctrines des disciples d’Arminius contre ceux de Gomarus, il fut destitué, et obligé, en 1620, de se réfugier en France. Deux ans auparavant, Louis XIII avait donné à Bertius le titre de son cosmographe. » (Biographie universelle, V, 742).

Exemplaire dont l’ensemble des 127 planches ont été finement coloriées à l’époque.

Prix: € 40 000


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Stael

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