Printing and the Mind of Man
L’édition originale d’un ouvrage fondamental dans l’histoire des mathématiques,
l’un des textes fondateurs de la théorie des probabilités par « le Newton français ».
PMM, 252.
LAPLACE, Pierre Simon, marquis de. Théorie analytique des probabilités ; par M. le comte de Laplace… [Avec :] Supplément [Premier-Deuxième-Troisième].
Paris, Mme Ve Courcier, 1812 [-1820].
In-4 de (3) ff., 464 pp., (1) f. d’errata, 34 pp., 50 pp., 36 pp. Des rousseurs.
Relié en demi-maroquin aubergine à grain long, à coins, dos lisse orné de filets dorés. Coins et mors frottés. Reliure de l’époque fatiguée.
254 x 203 mm.
Edition originale de l’un des ouvrages fondateurs de la théorie des probabilités.
DSB XV, 367-376; UC Berkeley, First Editions of Epochal Achievements (1934), 12; Stigler, History of Statistics, pp. 146-148.
« La ‘Théorie analytique des Probabilités’, outre une introduction qui se termine par une note historique sur le calcul des probabilités, renferme deux livres et quatre suppléments : Livre I. Du calcul des Fonctions génératrices ; Livre II. Théorie générale des Probabilités ; 1er supplément, composé en 1816. Sur l’Application du calcul des Probabilités à la philosophie naturelle ; 2e supplément, composé en 1817. Sur l’Application du calcul des Probabilités aux opérations géodésiques, et sur la Probabilité des résultats déduits d’un grand nombre d’observations ; 3e supplément, composé en 1819. Application des formules géodésiques de Probabilité à la Méridienne de France. C’est dans cet ouvrage que Laplace exposa sa belle théorie des fonctions génératrices. » (Hoefer, Nouvelle biographie générale, 547).
“Pierre Simon Laplace est né en Normandie le 23 mars 1749 et mort à Arcueil le 5 mars 1827. Son père était un pauvre fermier et ne put faire faire des études à son fils que grâce à l’aide de mécènes. A dix-huit ans il se présentait à d’Alembert à Paris, qui parvint à le faire nommer professeur de mathématiques à l’Ecole militaire de Paris. Très doué pour l’analyse, à tel point qu’on a pu l’appeler ‘le Newton de la France’, il s’attachait au grand problème de la gravitation universelle dans les rapports des mouvements des corps célestes. A l’égal de Lagrange, il atteignit à de remarquables résultats dans ce domaine, prouvant la stabilité du système solaire et faisant de notables découvertes, qui furent enregistrées dans les comptes rendus à l’Académie des Sciences, à partir de 1784 […]. Dans la ‘Théorie analytique des probabilités’ (1812), Laplace donna une forme classique au calcul des probabilités. » (Dictionnaire des auteurs, III, 40).
Laplace, qui avait effectué ses premiers travaux sur les probabilités entre 1771 et 1774, en redécouvrant notamment après Thomas Bayes les probabilités inverses, dites « loi de Bayes-Laplace », ancêtre des statistiques inférentielles, publie en 1812 sa Théorie analytique des probabilités.
Dans cet ouvrage, Laplace donne des éléments déterminants pour la théorie des probabilités dont il est considéré comme un des pères.
Héritier direct de Newton dans le domaine de la mécanique céleste, Laplace peut être aussi considéré comme celui de Pascal dans le domaine du calcul des probabilités puisque, grâce à ses travaux, cette discipline a acquis une puissance nouvelle. Posant les principes de base du calcul des probabilités, Laplace a introduit les notions de corrélation, de convergence stochastique, rendu compte de la loi des grands nombres, et développé, avec Gauss, la théorie des moindres carrés. Il a ainsi créé un outil universel non seulement pour les sciences physiques, mais aussi pour d’autres disciplines comme la biologie, l’économie et les sciences humaines et sociales.
« In the ‘Theorie’ Laplace gave a new level of mathematical foundation and development both to probability theory and to mathematical statistics.
‘Theorie Analytique des probabilités’. First publication: Paris, Courcier, 1812. 465 pages. Print-run : 1200 copies.
Pierre Simon Laplace published the first edition of ‘Théorie analytique’ in 1812, at the age of 63 years. It represented the culmination of a professional lifetime of concern for the topic, and all of its text consisted of reworked versions of his earlier work. Laplace’s prodigious abilities in the mathematical sciences were recognized early on, by his teachers in Normandy and by Jean d’Alembert in Paris when he was only 20.”
(Landmark writings in Western Mathematics, 1640-1940, p.329).
« Laplace fut l’un des plus grands savants de son époque, le ‘Newton français’ qui fit faire d’immenses progrès non seulement à l’astronomie mais aux mathématiques, à la théorie des probabilités et à la physique. » (En Français dans le texte, 201).
« Laplace has been called the ‘Newton of France’… He was the son of a small farmer in Normandy. Some rich neighbours recognized his talents and helped with his education. Arriving in Paris at the age of eighteen he met d’Alembert, who secured for him a position as professor of mathematics at the Ecole Militaire, and he soon became a member of the Académie des Sciences […]
Laplace’s other mathematical work included the ‘Théorie Analytique des Probabilités’, 1812, and a treatise on the attraction of spheroids. Laplace’s co-efficients are important in the theory of attraction, hydrodynamics and electrical science.” (PMM, 252).
Précieux exemplaire de cet ouvrage fondamental dans l’histoire des mathematiques.
Le présent ouvrage est extrêmement rare sur le marché.
Un seul exemplaire de cette édition originale est passé sur le marché public depuis plus de trente ans, il s’agit de l’exemplaire Honeyman, qui comportait seulement le premier supplément, et qui fut vendu par Sotheby’s Londres en mai 1980.
Seuls deux exemplaires complets des suppléments sont répertoriés dans l’ensemble des institutions publiques françaises : à la Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris et à la Bibliothèque de Toulouse.
L’exemplaire de cette originale conservé à la B.n.F. ne comporte aucun des 3 suppléments.
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« The first printed book intended to be read by the blind ».
(Norman).
P.M.M., 292.
HAUY, Valentin. Essai sur l’éducation des aveugles, ou exposé de différens moyens, vérifiés par l’expérience, pour les mettre en état de lire, à l’aide du trait, d’imprimer des Livres dans lesquels ils puissent prendre des connaissances de Langues, d’Histoire, de Géographie, de Musique, &c., d’exécuter différens travaux relatifs aux Métiers, &c.
Paris, Imprimé par les Enfans-Aveugles, sous la direction de M. Clousier, Imprimeur du Roi, 1786.
In-4 de (1) f.bl., vii pp., (1) p., pp. 1 à 111 imprimées avec des caractères en relief, pp. 113 à 126, 15 pp., (1) f., (11) ff. présentant les modèles de différents ouvrages d’imprimerie pouvant être exécutés facilement par les enfants aveugles, (1) f. d’observation, (3) ff. avec le « Programme des exercices que les enfans-aveugles feront à Versailles » devant le roi, (3) ff., (1) f.bl.
Plein veau brun marbré, dos à nerfs orné, tranches rouges. Habiles restaurations à la reliure. Reliure de l’époque.
246 x 190 mm.
Edition originale rare du texte précurseur de l’écriture braille.
GM 5833 ; Lende p.15 ; PMM 292 ; En Français dans le texte 242 ; Norman 1023
La grande idée de Valentin Haüy (1745-1822) était de faire lire les aveugles. Dans cette intention, il fit réaliser dès 1784 des caractères spéciaux qui produisaient une typographie en relief et il ouvrit l’Institution Nationale des Jeunes Aveugles, la première école pour non-voyants.
En 1786, Haüy publie le présent ouvrage pour exposer les principes révolutionnaires de sa méthode d’éducation des aveugles.
Dans ce livre imprimé par des enfants non voyants sous la direction de l’imprimeur Clousier, les lettres sont en relief, de manière à être lues par les aveugles qui parcourent les lignes du bout des doigts.
L’ouvrage est dédié à Louis XVI et lui est présenté au cours d’une séance organisée le 26 décembre 1786 à Versailles par une douzaine d’élèves de Haüy qui se livrent à de convaincantes démonstrations.
“L’admiration des courtisans ne fut pas stérile : le roi prit l’établissement sous sa protection, ordonna de faire les fonds nécessaires pour l’éducation de 120 élèves, accorda au professeur le titre de secrétaire-interprète du roi et de l’amirauté de France pour les langues anglaise, allemande, et hollandaise, et le nomma membre du bureau académique des écritures ».
En 1806, Haüy crée l’école des aveugles de Berlin, puis celle de Saint-Pétersbourg en 1808, à l’initiative de l’empereur de Russie.
« Partageant le grand élan philanthropique du XVIIIe siècle pour les défavorisés, et tenté de réaliser l’équivalent de ce que l’abbé de l’Epée, inventeur de l’alphabet manuel, avait réussi pour les sourds muets, Valentin Haüy s’était mis en tête de faire lire les aveugles. Il invente donc des caractères analogues aux caractères traditionnels mais qui, gaufrant un épais papier, produisaient une typographie en relief. Ce procédé était mis au service d’un véritable plan d’éducation et de réinsertion sociale des aveugles qu’il porta à la connaissance du grand public par son ‘Essai sur l’Education des Aveugles’ (1786) […] C’est par ce procédé que Braille apprend à lire et qu’il devient rapidement un élève brillant ». (En Français dans le texte 242).
« Valentine Haüy was the first to devise type that could be read by the blind. Characters slightly different in shape from ordinary italic were embossed on heavy paper to be read with the fingers. He founded the Institut Royale des Jeunes Aveugles in 1785 and seems actually to have succeeded in teaching some of his pupils not only to read by this method but to set and print the embossed type. His ‘Essai sur l’Education des Aveugles’, 1786, is an incunable of the method”. (PMM 292).
L’ouvrage est imprimé sur papier fort et les 111 premières pages présentent des caractères en relief permettant la lecture des aveugles.
Bon exemplaire de cet ouvrage important dans l’histoire des sciences, qui symbolise l’élan philanthropique pour les défavorisés qui touche la France au XVIIIe siècle.
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Rare édition originale de ce texte fondateur de la géométrie non-euclidienne.
PMM, 293.
LOBACHEVSKI, Nicolai Ivanovitch. Geometrische Untersuchungen zur Theorie der Parallellinien.
Berlin, G. Fincke, 1840.
In-8 de (1) f. de titre, 61 pp., (1) p., 2 planches dépliantes. Quelques piqûres.
Conservé dans sa brochure verte imprimée d’origine. Petit manque à l’angle inférieur droit, plat inférieur renouvelé.
188 x 113 mm.
Rare édition originale de ce texte fondateur de la géométrie non-euclidienne, par le «copernicus of geometry » (PMM).
PMM 293; Poggendorff I, 1482; Engel 13; DSB VIII, 432 f.; Norman I, 1379.
La géométrie non-euclidienne eut deux découvreurs indépendants : Johann Bolyai (1802-1860), un officier Hongrois de l’armée autrichienne et Nicolai Lobachevski (1793-1856), le fils d’un paysan russe, professeur et recteur de l’Université de Kazan.
Tous deux créèrent des systèmes géométriques non-euclidiens en remettant en question le « postulat des parallèles » d’Euclide.
Le premier fruit de ces nouvelles études d’une géométrie non-euclidienne est un papier qui fut lu par Lobachevski devant la section physico-mathématique de l’Université de Kazan en février 1826. Ce texte ne semble pas avoir été préservé, mais ses principales idées sont contenues dans un mémoire publié en 1829-1830 dans un périodique de l’Université de Kazan, mémoire qui fut en fait le premier texte sur le sujet à être imprimé.
Lobachevski s’efforça d’attirer l’attention des mathématiciens sur ses découvertes en publiant un résumé plus accessible de ses résultats dans un petit ouvrage imprimé à Berlin en 1840 sous le titre de : Geometrische Untersuchungen zur Theorie der Parallellinien. Cette dernière publication impressionna fortement Gauss.
« Gauss who had received a copy of the ‘Geometrische Untersuchungen’ from Lobachevsky, spoke to him flatteringly of the book, studied Russian especially to read his work in their original language, and supported his election to the Göttingen Gesellschaft der Wissenschaften” (DSB).
« The revolution in our conception of the nature of mathematics can be traced back to the explicit formulation of the first non-Euclidian geometries early in the nineteenth century.
The researches that culminated in the discovery of non-Euclidean geometry arose from unsuccessful attempts to prove the axiom of parallels in Euclidean geometry. This postulate asserts that through any point there can be drawn one and only one straight line parallel to a given straight line. Although this statement was not regarded as self-evident and its derivation from the other axioms of geometry was repeatedly sought, no one openly challenged it as an accepted truth of the universe until Lobatchewsky published the first non-Euclidean geometry […]. In Lobatchewsky’s geometry an infinity of parallels can be drawn through a given point that never intersect a given straight line.
Nicolai Ivanovitch Lobatchewsky was born in Nizhni-Novgorod, Russia, and studied at the University of Kazan, where in 1827 he was appointed professor. His fundamental paper was read to his colleagues in Kazan in 1826 but he did not publish the results until 1829-30 when a series of five papers appeared in the Kazan University Courier, the first of which bore the title cited above, ‘The Origins of Geometry’. He amplified his findings (still in Russian) in 1836-8 under the title ‘New Elements of Geometry, with a Complete Theory of Parallels’. In 1840 he published a brief summary in Berlin under the title Geometrische Untersuchungen zur Theorie der Parallellinien”. (PMM).
Le présent ouvrage est illustré de 2 planches dépliantes de figures géométriques visant à illustrer les théorèmes et à les rendre plus compréhensibles.
Rare opuscule rédigé par le précurseur de la géométrie non-euclidienne, conservé dans sa brochure verte imprimée d’origine.
Aucun exemplaire de ce rare ouvrage n’est répertorié dans ABPC.
Une partie du mémoire imprimé de Lobachevski publié en 1829-1830 par l’Université de Kazan a été vendu par Christie’s New York le 29 octobre 1998 pour 405 000 $ (soit environ 2 200 000 F de l’époque).
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Rare recueil réunissant l’édition originale de deux des principaux contes d’Andersen :
La petite sirène et Les Habits neufs de l’empereur.
Printing and the Mind of Man, n°299.
ANDERSEN, Hans Christian. Eventyr, fortalte for born.
Copenhague, Bianco & Schneider for C.A. Reitzel, 1842-1844-1837.
3 parties en 1 volume in-16 de : VIII pp. avec le titre général, la table générale et la préface (« Til de aeldre Laesere »), (2) ff., 61 pp., (1) f. de table, pp. 3 à 76 (sans le faux titre de cette partie), (1) f., 60 pp. et (1) f.
Relié en chagrin rouge, dos lisse. Quelques feuillets roussis.
126 x 77 mm.
L’un des rares exemplaires du recueil réunissant pour la premiere fois 9 des principaux contes d’Andersen.
Le premier opuscule regroupe 4 contes en second tirage (1842) : « Fyrtoiet »(Le Briquet), « Lille Claus og store Claus » (Grand Claus et petit Claus), « Prindsessen paa Aerten » (La Princesse au petit pois) et « Den lille Idas Blomster » (Les fleurs de la petite Ida).
La seconde partie présente 3 contes également dans le deuxième tirage (1844) : « Tommelise » (La petite Poucette), « Den uartige Dreng » (Le vilain garçon) et « Reisekammeraten » (Le compagnon de route).
Le troisième recueil comporte l’édition originale de deux des contes les plus celebres d’Andersen : « La petite sirène » et « Les habits neufs de l’empereur » (« Den lille Havfrue » et « Kejserens nye Klaeder »).
Les premiers contes d’Andersen furent seulement publiés à 200 exemplaires, ce qui explique leur grande rareté sur le marché. Les quelques exemplaires qui sont parvenus jusqu’à nous présentent presque tous une compilation des différents tirages de ces contes ; d’autre part, ils sont rarement complets de tous les feuillets de titre, de faux titre et de table.
Le collectionneur Jean Hersholt écrivait d’ailleurs en 1954 que « no copy with all its title-pages and tables of contents has ever been offered for sale by any dealer or at any auction sale”.
« The tales of Hans Christian Andersen are unique. Unlike Perrault’s and Grimm’s, his stories were original inventions […] The “Eventyr” are fairy tales of supernatural creatures and fantastic happenings. […] Over and above their intrinsic merit Andersen’s stories signalized a new and fundamentally different approach to the writing of books for children. Mawkishness, didacticism, and moral proselytizing were totally abjured and he was the harbinger of a new era in this genre” (Printing and the Mind of Man, n°299).
Hans Christian Andersen (1805-1875) est un écrivain danois qui, grâce à ses nouvelles et à ses Contes, incarne le génie populaire nordique. C’est à trente ans, après le traditionnel voyage en Italie que se doit d’accomplir tout jeune écrivain romantique, qu’il publie un court recueil de « Contes pour les enfants » (Eventyr fortalte for Born). D’autres parties, complétant le premier volume, apparurent en 1837.
Après un départ hésitant, le succès fut foudroyant et, en quelques années, le petit vagabond d’Odense allait devenir l’un des écrivains les plus fêtés du monde.
Véritables créations littéraires, dans un style très personnel, ces contes sont remarquables par leur ironie et l’absence des morales traditionnelles.
Bon exemplaire de ce recueil rare et recherché qui comporte la première impression de deux des contes les plus importants d’Andersen : « La petite sirène » et « Les habits neufs de l’empereur ».







