Edition originale de cette œuvre révolutionnaire.


Edition originale de cette œuvre révolutionnaire.
En Français dans le texte, 134.

VAUBAN, Sébastien Le Prestre, marquis de. Projet d’une dixme royale : qui supprimant la taille, les Aydes, les Douanes d’une Province à l’autre, les Décimes du Clergé, les Affaires extraordinaires ; & tous autres Impôts onéreux & non volontaires : Et diminuant le prix du sel de moitié & plus, produirait au Roy un revenu certain et suffisant, sans frais ; & sans être à charge à l’un de ses Sujets plus qu’à l’autre, qui s’augmenterait considérablement par la meilleure Culture des Terres.
[Rouen], 1707.

In-4 de (1) f.bl., (4) ff., 204 pp., (10) ff. de table, (1) f.bl. et 1 grand tableau dépliant.
Relié en plein veau brun granité de l’époque, dos à nerfs richement orné, coupes décorées, tranches jaspées.

244 x 178 mm.

Rare édition originale de ce projet révolutionnaire qui, s’il avait été adopté par Louis XIV, aurait profondément modifié le cours de l’histoire de France.
En Français dans le texte 134 ; Rahir, La Bibliothèque de l’amateur, p. 667 ; Catalogue de la bibliothèque de M. le baron Pichon, 158.

Dans cette œuvre politique, le célèbre maréchal de France, s’adressant à Louis XIV, cherche à résoudre la grave crise sociale, économique et spirituelle qui déjà a commencé à se faire sentir dans l’Ancien Régime.

Vauban indique avec beaucoup de détails les procédés qui peuvent conduire à la création d’un impôt unique dans le royaume et qui se substituerait à tous les autres plus ou moins inspirés par un mauvais principe économique, et, par conséquent, par une désastreuse évaluation des forces politiques de l’Etat.
Vauban preconise la creation d’un impôt proportionnel au revenu, la dîme royale, qui se substituerait aux autres, frappant toutes les classes confondues.
« Il libérerait les pauvres de toutes charges et inciterait les riches à un fécond labeur. La réforme du souverain cimenterait aussi l’affection de ses sujets, en ôtant au clergé et à la noblesse ce caractère odieux qui les éloigne de la vie du pays. Pour étayer sa proposition, Vauban indique la nécessité d’une statistique générale, afin que l’Etat sache à tous moments sur quels hommes il peut compter avec certitude, en temps de paix comme en temps de guerre ».

Malgré ses sages propositions, l’œuvre de Vauban fut bien vite combattue par la cour et l’édition fut envoyée au pilon. L’importance de cet ouvrage est évidente ; c’est un témoignage accablant sur la situation économique et surtout politique de la France à la fin du règne de Louis XIV : témoignage perspicace et libre qui, bien qu’il soit celui d’un soldat rempli de dévotion pour la cause de la monarchie, annonce la grave crise du régime et se présente comme un des signes lointains, mais avant-coureurs de la Révolution.

« C’est son livre ‘La Dixme royale’ (1707) qui révèle clairement les vues exceptionnellement nettes et pratiques de Vauban. Cette œuvre était capable de retenir l’audience du roi, avec qui Vauban avait toujours eu son franc-parler. Mais la cour parvint à persuader à Louis XIV que ce projet était le renversement de la monarchie. Et celui que Saint-Simon proclame ‘le plus honnête homme de son siècle’ est disgracié par Louis XIV. Vauban ne supporta pas le coup et mourut quelques jours après » (Dictionnaire des auteurs, IV, p. 579).

Les exemplaires non restaurés de la « Dixme » sont très rares.
Bel exemplaire de ce livre rare qui fut condamné et détruit dès l’origine, conservé dans sa reliure décorée de l’époque non restaurée.

Prix: € 39 000

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