Les Antilles
Première édition complète de l’Histoire des Antilles
reliée uniformément à l’époque en vélin.
DU TERTRE, R. P. Jean-Baptiste. Histoire générale des Antilles habitées par les François. Divisée en deux tomes, Et enrichie de cartes & de figures.
Paris, Thomas Jolly, 1667-1671.
4 tomes en 3 volumes de : I/ 1 frontispice, (11) ff. y compris 1 f. d’armoiries, 593 pp., (3) pp. ; II/ (8) ff., 539 pp., 5 cartes dépliantes, 14 planches dont 5 dépliantes ; III/ (9) ff. y compris 1 f. d’armoiries, 317 pp., (9) pp., (4) ff., 362 pp., (7) ff., 4 planches dépliantes. Petit trou dans la p. 122 du tome 3. Reliés en plein vélin rigide de l’époque, dos lisses, tranches mouchetées.
222 x 178 mm.
Première édition complète de « one of the most valuable work we possess on the West Indies » (Sabin, 21458).
Streit, Bibliotheca Missionum, 2001 ; Leclerc, Bibliotheca Americana, 1314 ; Picot, Catalogue Rothschild, 1984.
« Cet ouvrage est très difficile à rencontrer complet. Le P. Dutertre dit dans sa preface qu’il avait fait imprimer son livre en 1654, parce qu’on lui avait dérobé sa copie. Pendant qu’il le faisait imprimer, le Père R. Breton fut prié, de la part de M. de Poincy, de donner son vocabulaire de la langue des sauvages, et quelques mémoires qu’il avait composés, à une personne inconnue, qui désirait écrire une histoire des Antilles. Il sut depuis que c’était le sieur Rochefort, ministre de Rotterdam, qui, après avoir reçu le vocabulaire du P. Breton, et informé de l’impression de son ouvrage, fit paraître le sien en 1658, sous le titre de ‘Histoire naturelle des Antilles de l’Amérique’. » (Leclerc).
« The two last volumes of this work (one of the most valuable we possess on the West Indies) were published in 1671 and are extremely scarce; complete sets are difficult to be met with, and bear a high price » Rich.
« Du Tertre naquit à Calais en 1610. Son goût pour les voyages lui fit prendre passage à bord d’un navire hollandais avec lequel il fit plusieurs voyages en Amérique ; plus tard, il servit dans l’armée du prince d’Orange, puis, abandonnant cette vie d’aventures, il entra chez les frères prêcheurs. Ses supérieurs, profitant de son expérience, l’envoyèrent aux Antilles, dont il entreprit d’écrire l’histoire. Son livre, fruit d’observations personnelles, est l’ouvrage le plus important qui ait été publié sur ces îles. Les écrivains postérieurs en ont attesté la parfaite exactitude ». (Picot).
Du Tertres passa dix-huit ans aux Antilles, de 1640 à 1658, pendant lesquels il récolta de nombreux renseignements sur l’histoire naturelle de ces îles, sur les mœurs de ses habitants et sur l’établissement des colonies françaises de 1625 à 1667.
L’illustration se compose d’un frontispice gravé, de trois feuillets représentant les armes des Harlay et de Bignon, de 5 cartes dépliantes et de 18 planches dont 9 dépliantes.
Précieux exemplaire de cet ouvrage fondamental sur l’histoire des Antilles, relié uniformément à l’époque en vélin rigide.
Prix: € 25 000
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La rare édition originale du voyage du père Labat aux Antilles,
reliée à l’époque aux armes du duc de La Rochefoucauld.
LABAT, Jean-Baptiste. Nouveau Voyage aux Isles de l’Amérique, contenant l’Histoire Naturelle de ces Pays, l’origine, les mœurs, la religion & le gouvernement des habitans anciens et modernes. Les guerres & les événements singuliers qui y sont arrivez pendant le long séjour que l’auteur y a fait.
Paris, 1722.
6 vol. in-12 reliés en plein veau brun granité de l’époque, armes frappées or au centre des plats, dos à nerfs ornés de fleurons dorés, pièces de titre en maroquin rouge, tranches mouchetées. Discrètes restaurations aux reliures.
169 x 100 mm.
La rare édition originale de l’un des ouvrages les plus interessants sur les Indes occidentales françaises.
Cette édition originale est si rare que ni Brunet ni Charles Leclerc n’en ont eu connaissance. Ils décrivent tous deux la seconde édition, imprimée à La Haye en 1724, comme étant l’originale.
Sabin 38409 ; Nissen ZBI 2330 ; Field, An essay towards an Indian Bibliography, 843 ; Leclerc, Bibliotheca americana, 1323 (pour l’édition de 1724) ; Sowerby, Jefferson Library, 4150.
Missionnaire dominicain, le père Labat (1663-1738) quitta la France pour les Antilles en 1693 et explora tout l’archipel au cours de son séjour : la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Domingue, l’Ile des Saintes, l’Ile de la Grenade, l’Ile Sainte-Croix, Saint-Martin, Saint Barthélémy, … Il prit la direction ecclésiastique de la ville de Macouba à son arrivée en Martinique en 1694, et il vivra 10 ans sur cette île. Son originalité réside dans le fait qu’il ne se contenta pas de son rôle de prédicateur mais participa activement au développement de l’économie cannière et sucrière de ces régions.
En 1722 il publie son Nouveau Voyage aux Isles de l’Amérique où il traite des conditions de vie des colons et des esclaves, relate les événements historiques dont il est le témoin dans les diverses îles de la mer des Caraïbes, et décrit la géographie, la faune et la flore des Antilles. Il axe sa narration sur ce qui peut être utile pour ces îles : l’agriculture, les manufactures, les produits et la main d’œuvre (les esclaves), tout en ponctuant son texte d’anecdotes croustillantes. Le Père Labat est en outre le premier à avoir décrit certaines petites îles peu peuplées.
Le présent texte est du plus haut intérêt car c’est l’un des premiers témoignages sur les débuts de la colonisation dans les Antilles. Il fournit également de nombreux renseignements sur l’histoire de l’esclavage à cette époque ainsi que sur la religion, l’économie et les diverses cultures entreprises dans cette partie du monde.
L’ouvrage est abondamment illustré de 102 planches gravées sur cuivre représentant des plantes, des animaux, des établissements industriels, mais aussi les Caraïbes qui peuplaient encore les Antilles.
Bel exemplaire de cet ouvrage rare, introuvable en reliure de l’epoque armoriee. Il provient de la collection du duc de La Rochefoucauld, et a ete relié a ses armes à l’époque.
Prix: € 15 000
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L’édition originale du Code de la Martinique,
la plus ancienne impression connue faite dans cette île.
[PETIT DE VIEVIGNE, Jacques]. Code de la Martinique.
Saint-Pierre, de l’Imprimerie de Pierre Richard, 1767.
Relié à la suite : Supplément au code de la Martinique.
Saint-Pierre, Pierre Richard, 1772.
2 parties reliées en 1 volume in-folio de (4) pp., XX, 552, viii, 152.
Conservé dans son cartonnage de papier bleu marbré d’origine, tranches rouges. Défauts d’usage à la reliure.
313 x 197 mm.
Edition originale fort rare de cet « incunable » martiniquais.
Sabin, 61263 ; Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, 623 ; L’Imprimerie hors l’Europe, p. 143 ; Dampierre, p. 198 ; Leclerc, Bibliotheca Americana, 1436.
Recueil officiel de la plus haute importance pour l’histoire de la Martinique et pour l’histoire du droit. Ce Code fut rédigé par Jacques Petit de Viévigne, qui était conseiller honoraire au Conseil supérieur de la Martinique en 1786, sénéchal et juge de l’amirauté de Saint-Pierre de la Martinique.
« Cet ouvrage a été conçu et rédigé suivant un plan méthodique, de manière à servir à l’administrateur et au juge. Pour l’histoire, on a fait une table des documents par ordre chronologique. Mais il est bon d’ajouter que le seul acte antérieur à 1664 contenu dans le « Code » est l’Edit de 1642 portant extension des privilèges concédés à la Compagnie des Isles de l’Amérique […]. C’est la réédition de 1807-1814 de cet ouvrage que l’on rencontre ordinairement, l’édition originale étant fort rare » (Dampierre).
Il est divisé en 8 parties : la première contient les lois sur l’Administration générale, la seconde celles ayant trait à l’Eglise, la troisième à l’armée, la quatrième concernant les finances, la cinquième le commerce, la sixième la marine, la septième traitant de la justice et la dernière de la police.
Le Supplément publié en 1772 est également de la plus grande rareté et se trouve rarement relie a la suite du code.
La Martinique fut occupée en 1635 au nom de la France par Charles Lyénard et Jean Duplessis ; Saint-Pierre fut créée en 1658 et Fort-de-France en 1672. Les anglais s’emparent de l’île le 13 février 1762 ; le traité de Versailles (1767) la rend à la France. Un décret de 1789 déclare les hommes de couleur égaux aux blancs, puis la Convention proclame la liberté des noirs. La guerre civile qui suit l’émancipation ruine les cultures et malgré la résistance de Rochambeau, les anglais s’emparent à nouveau de l’île en 1794. Un traité en novembre 1815 rattachait définitivement la Martinique à la France. C’est dans ce contexte mouvant qu’est édité le Code de la Martinique. Le premier volume paraît l’année même de la ratification du traité de Versailles.
Le Code de la Martinique est la plus ancienne impression connue faite dans cette île.
« L’imprimerie doit remonter à l’année 1729 en Martinique, à cette date le premier brevet d’imprimeur est accordé au sieur Devaux, libraire ; mais on ne connaît aucune impression sortie de cet atelier. Ce n’est qu’en 1767 que nous pouvons citer un livre, qui, jusqu’à nouvelle découverte, est un incunable » (L’Imprimerie hors l’Europe).
« Recueil important et fort rare pour l’histoire de la Martinique ; c’est une des plus anciennes impressions faites dans cette île, quoique le premier brevet d’imprimeur ait été accordé à un sieur Devaux en 1729, on ne connaît aucun livre sorti des presses de cet imprimeur » (Leclerc).
Il est intéressant de lire dans la préface d’une édition postérieure du Code, imprimée à Saint-Pierre en 1807-1814, que cette édition originale de 1767 était déjà devenue introuvable : « Considérant que le Recueil connu sous le nom de ‘Code de la Martinique’ est devenu tellement rare qu’on ne peut plus se le procurer à aucun prix ; que cependant cette collection, la seule de son genre existante, est devenue indispensable pour le maniement des affaires, tant publiques que privées, dans cette colonie… ».
Intéressant exemplaire conservé dans son état d’origine, dans son cartonnage de papier bleu marbré, sans aucune restauration. Tiré à petit nombre à des milliers de kilomètres de la métropole, dans un climat peu propice à la conservation des livres, ce volume est parvenu jusqu’à nous dans sa stricte condition de l’époque.
Provenance : cachet de la Bibliothèque du Château de Saint-Marcel (B. du R.) sur le titre.
Prix: € 49 000








