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209 sièges français du Moyen Age à la fin du XVIIIe siècle dessinés par Jules Verchère.

Précieux exemplaire dont l’ensemble des sièges ont été soigneusement et minutieusement coloriés à la main à l’époque.







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Livres illustrés

VERCHÈRE, Jules.

Sièges historiques anciens.

Paris, J. Verchère, 1879.

Petit in-folio oblong de 11 pages de sommaire présenté sous forme de cahier, 1 titre-fronstispice, 83 planches montées sur onglets comportant 209 figures en couleurs (à partir de la figure 161, la numérotation se fait à la main). Sommaire en partie dérelié avec qq. déchirures et manque de papier, qq. rares taches et déchirures marginales sur certaines planches. Demi-toile brune de l’époque, dos lisse, qq. éraflures.

271 x 357 mm.

Très intéressant recueil consacré par Jules Verchère aux sièges français et à leur évolution du Moyen Age à la fin du XVIIIe siècle, « véritable mine d’informations pour l’historien de l’art ».

L’album est constitué de 209 figures de sièges dessinées par Jules Verchère, classées par ordre chronologique et réunies en 83 planches.

« Jules Verchère (1849-1920) fut ce que l’on pourrait appeler un fils du Faubourg Saint-Antoine, le quartier traditionnel du meuble parisien. Au milieu du siècle dernier, le Faubourg regroupait non moins de trente mille ébénistes, sculpteurs sur bois, tapissiers, menuisiers en sièges, etc. constituant les principales professions du meuble. Outre son activité économique intense, il tenait sa réputation de la valeur du mobilier qui y était fabriqué. Des générations d’ouvriers du meuble s’étaient succédées depuis le dix-septième siècle… Ces produits d’exception continuaient d’être fabriqués dans des maisons de meubles de haut luxe héritières d’une tradition de savoir-faire, telles que Damon, Schmitt, Millot et Collin, ou Krieger…
Jules Verchère se situait en amont de ce processus de fabrication. Ebéniste et sculpteur sur bois de formation, il avait acquis une grande maîtrise du graphisme et notamment de la perspective. L’ébénisterie, et surtout la sculpture sur bois étaient les métiers les plus artistiques du meuble. En 1880, environ 3600 sculpteurs sur bois et 2075 patrons ébénistes exerçaient dans le Faubourg. L’ébénisterie était la profession la plus prestigieuse. Le sculpteur sur bois, quant à lui, travaillait les pièces de bois avec des outils à la main tels que des ciseaux, gouges, etc. Il taillait le bois à partir d’un modèle en terre ou en plâtre qu’il avait modelé d’après un dessin. Dans ce but, il devait posséder de bonnes connaissances de modelage, de dessin d’ornement, des styles et d’histoire de l’art. Le sculpteur sur bois exécutait surtout des copies de meubles du Moyen Age et de la Renaissance, parce que les sculptures y étaient plus importantes que dans les styles des époques ultérieures. Les fabricants vantaient la variété des groupes sculptés en faisant appel à des dessinateurs en vogue dans le Faubourg comme les Maincent, les Langfeld, ou même Quétin qui tenaient boutique ouverte de dessins de luxe et de lithographies pour les trôleurs.

Jules Verchère tenait un magasin analogue, où les artisans, et plus particulièrement les trôleurs, pouvaient venir se pourvoir en modèles afin de réaliser les meubles qui plaisaient au public.
IL semble que son échoppe changeât plusieurs fois d’adresse… Les trois premières adresses se situaient au cœur du Faubourg Saint-Antoine, tandis que la dernière (au 73 rue de Rennes), placée dans un quartier plus huppé, montrait l’évolution sociale de son propriétaire qui avait acquis une certaine renommée et un pécule confortable. Cette réputation fut confirmée par Pierre du Maroussem, un professeur de droit de l’Université de Paris, qui mena une enquête approfondie dans le Faubourg. Il révéla en effet que Verchère était l’un des dessinateurs de modèles des plus connus et des plus appréciés des artisans du meuble de la capitale. A l’inverse de fabricants de meubles français célèbres du dix-neuvième siècle comme Fourdinois ou Grohé, Verchère brilla davantage pour son efficacité et son sens confirmé du métier que par des réalisations spectaculaires qui l’auraient imposé auprès du public et de la critique. De fait, son aura resta confinée dans le cercle des artisans…
Verchère publia plusieurs recueils dont un ‘Recueil de sièges historiques’.
Les planches, de format in-folio et précédées d’un ex-libris aux initiales adornées de leur auteur, étaient gravées au burin. Tous les styles étaient représentés. La préface au Recueil nous renseigne un peu mieux sur la méthode de travail de Verchère : ‘Pour que cette œuvre fût à la hauteur des besoins auxquels elle prétend répondre, M. Verchère a mis à contribution les musées publics et les collections privées, et y a fait un choix scrupuleux des meilleurs modèles de chaque époque, résumant les formes les plus pures et les plus complètes des styles auxquels ils appartiennent’. Verchère suivait en cela la méthode commune à tous les dessinateurs de modèles de l’époque. Il se rendait au département des Estampes de la Bibliothèque nationale, aux archives du Garde-Meuble, chez de grands collectionneurs ou encore à la Bibliothèque de l’Union centrale des arts décoratifs, installée au Pavillon de Marsan. Les estampes anciennes étaient décalquées sur place par les dessinateurs, qui les recopiaient ensuite dans leurs ateliers en les arrangeant habilement afin de leur donner une présentation et une échelle homogènes, ainsi qu’un trait régulier et personnel. Le dessin des modèles était ensuite gravé dans le cuivre ou zinc par le buriniste, qui pouvait être le dessinateur lui-même. Nous ignorons si Verchère gravait ses planches, mais celles-ci ne pouvaient guère être tirées à plus de quelques centaines d’exemplaires. Cette diffusion limitée explique pourquoi sa réputation ne dépassa guère le Faubourg.
Les recueils de Verchère constituent une mine d’informations pour l’historien de l’art
soucieux de rechercher des traces iconographiques d’éléments de mobilier figurant dans les inventaires notariés établis après le décès de grands personnages de l’Ancien Régime, ou qui furent exposés lors de manifestations rétrospectives au siècle dernier. Dans le ‘Recueil de sièges historiques anciens’, il montra le dessin d’un fauteuil d’audience à X et à capote gothique, réalisé au XVe siècle par Jean de Bruges, ou encore une chaise d’époque Louis XIV représentée par Meissonier. (S. Laurent, Jules Verchère, un dessinateur d’ameublement au dix-neuvième siècle).

Précieux exemplaire dont l’ensemble des 209 sièges ont été soigneusement et minutieusement coloriés à la main à l’époque.





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Précieux exemplaire dont l’ensemble des sièges ont été soigneusement et minutieusement coloriés à la main à l’époque.


Prix: 5 500 €

VERCHÈRE, Jules.

Sièges historiques anciens.

Paris, J. Verchère, 1879.

Petit in-folio oblong de 11 pages de sommaire présenté sous forme de cahier, 1 titre-fronstispice, 83 planches montées sur onglets comportant 209 figures en couleurs (à partir de la figure 161, la numérotation se fait à la main). Sommaire en partie dérelié avec qq. déchirures et manque de papier, qq. rares taches et déchirures marginales sur certaines planches. Demi-toile brune de l’époque, dos lisse, qq. éraflures.

271 x 357 mm.

Très intéressant recueil consacré par Jules Verchère aux sièges français et à leur évolution du Moyen Age à la fin du XVIIIe siècle, « véritable mine d’informations pour l’historien de l’art ».

L’album est constitué de 209 figures de sièges dessinées par Jules Verchère, classées par ordre chronologique et réunies en 83 planches.

« Jules Verchère (1849-1920) fut ce que l’on pourrait appeler un fils du Faubourg Saint-Antoine, le quartier traditionnel du meuble parisien. Au milieu du siècle dernier, le Faubourg regroupait non moins de trente mille ébénistes, sculpteurs sur bois, tapissiers, menuisiers en sièges, etc. constituant les principales professions du meuble. Outre son activité économique intense, il tenait sa réputation de la valeur du mobilier qui y était fabriqué. Des générations d’ouvriers du meuble s’étaient succédées depuis le dix-septième siècle… Ces produits d’exception continuaient d’être fabriqués dans des maisons de meubles de haut luxe héritières d’une tradition de savoir-faire, telles que Damon, Schmitt, Millot et Collin, ou Krieger…Jules Verchère se situait en amont de ce processus de fabrication. Ebéniste et sculpteur sur bois de formation, il avait acquis une grande maîtrise du graphisme et notamment de la perspective. L’ébénisterie, et surtout la sculpture sur bois étaient les métiers les plus artistiques du meuble. En 1880, environ 3600 sculpteurs sur bois et 2075 patrons ébénistes exerçaient dans le Faubourg. L’ébénisterie était la profession la plus prestigieuse. Le sculpteur sur bois, quant à lui, travaillait les pièces de bois avec des outils à la main tels que des ciseaux, gouges, etc. Il taillait le bois à partir d’un modèle en terre ou en plâtre qu’il avait modelé d’après un dessin. Dans ce but, il devait posséder de bonnes connaissances de modelage, de dessin d’ornement, des styles et d’histoire de l’art. Le sculpteur sur bois exécutait surtout des copies de meubles du Moyen Age et de la Renaissance, parce que les sculptures y étaient plus importantes que dans les styles des époques ultérieures. Les fabricants vantaient la variété des groupes sculptés en faisant appel à des dessinateurs en vogue dans le Faubourg comme les Maincent, les Langfeld, ou même Quétin qui tenaient boutique ouverte de dessins de luxe et de lithographies pour les trôleurs.Jules Verchère tenait un magasin analogue, où les artisans, et plus particulièrement les trôleurs, pouvaient venir se pourvoir en modèles afin de réaliser les meubles qui plaisaient au public. IL semble que son échoppe changeât plusieurs fois d’adresse… Les trois premières adresses se situaient au cœur du Faubourg Saint-Antoine, tandis que la dernière (au 73 rue de Rennes), placée dans un quartier plus huppé, montrait l’évolution sociale de son propriétaire qui avait acquis une certaine renommée et un pécule confortable. Cette réputation fut confirmée par Pierre du Maroussem, un professeur de droit de l’Université de Paris, qui mena une enquête approfondie dans le Faubourg. Il révéla en effet que Verchère était l’un des dessinateurs de modèles des plus connus et des plus appréciés des artisans du meuble de la capitale. A l’inverse de fabricants de meubles français célèbres du dix-neuvième siècle comme Fourdinois ou Grohé, Verchère brilla davantage pour son efficacité et son sens confirmé du métier que par des réalisations spectaculaires qui l’auraient imposé auprès du public et de la critique. De fait, son aura resta confinée dans le cercle des artisans…Verchère publia plusieurs recueils dont un ‘Recueil de sièges historiques’. Les planches, de format in-folio et précédées d’un ex-libris aux initiales adornées de leur auteur, étaient gravées au burin. Tous les styles étaient représentés. La préface au Recueil nous renseigne un peu mieux sur la méthode de travail de Verchère : ‘Pour que cette œuvre fût à la hauteur des besoins auxquels elle prétend répondre, M. Verchère a mis à contribution les musées publics et les collections privées, et y a fait un choix scrupuleux des meilleurs modèles de chaque époque, résumant les formes les plus pures et les plus complètes des styles auxquels ils appartiennent’. Verchère suivait en cela la méthode commune à tous les dessinateurs de modèles de l’époque. Il se rendait au département des Estampes de la Bibliothèque nationale, aux archives du Garde-Meuble, chez de grands collectionneurs ou encore à la Bibliothèque de l’Union centrale des arts décoratifs, installée au Pavillon de Marsan. Les estampes anciennes étaient décalquées sur place par les dessinateurs, qui les recopiaient ensuite dans leurs ateliers en les arrangeant habilement afin de leur donner une présentation et une échelle homogènes, ainsi qu’un trait régulier et personnel. Le dessin des modèles était ensuite gravé dans le cuivre ou zinc par le buriniste, qui pouvait être le dessinateur lui-même. Nous ignorons si Verchère gravait ses planches, mais celles-ci ne pouvaient guère être tirées à plus de quelques centaines d’exemplaires. Cette diffusion limitée explique pourquoi sa réputation ne dépassa guère le Faubourg.Les recueils de Verchère constituent une mine d’informations pour l’historien de l’art soucieux de rechercher des traces iconographiques d’éléments de mobilier figurant dans les inventaires notariés établis après le décès de grands personnages de l’Ancien Régime, ou qui furent exposés lors de manifestations rétrospectives au siècle dernier. Dans le ‘Recueil de sièges historiques anciens’, il montra le dessin d’un fauteuil d’audience à X et à capote gothique, réalisé au XVe siècle par Jean de Bruges, ou encore une chaise d’époque Louis XIV représentée par Meissonier. (S. Laurent, Jules Verchère, un dessinateur d’ameublement au dix-neuvième siècle).

Précieux exemplaire dont l’ensemble des 209 sièges ont été soigneusement et minutieusement coloriés à la main à l’époque.