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Edition originale rarissime de Justine du marquis de Sade, « dont les exemplaires pourraient se compter sur les doigts. » (Pierre Berès). L’une des plus sublimes leçons de morale que l’homme ait encore reçues.

Paris, 1791.

De la bibliothèque André Gutzwiller.







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Littérature

SADE, Donatien-Alphonse-François comte, dit marquis de.

Justine ou les malheurs de la vertu.

En Hollande, chez Les Libraires associés [Paris], 1791.

2 tomes en 1 volume in-8, 1 frontispice, 283 pp., (2) ff., 191 pp. Plein maroquin rouge, roulette dorée d’encadrement sur les plats, dos lisse richement orné, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure réalisée il y a un siècle environ.

185 x 116 mm.

« Edition originale du premier ouvrage de Sade dont les exemplaires pourraient se compter sur les doigts. » Pierre Berès.

La touchante dédicace imprimée du livre, « A ma bonne amie », s’adresse à la fidèle compagne de misère de l’écrivain, Marie-Constance Quesnet ; dans cette importante apologie de ses écrits, Sade justifie son entreprise et affirme que son dessein est d’aboutir à l’une des plus sublimes leçons de morale que l’homme ait encore reçues, fût-ce par une route peu frayée jusqu’à présent.

Roman d’aventures du « genre noir », poussé à son paroxysme, le livre eut immédiatement un succès considérable. Il paraissait au moment où la Constituante rendait à Sade sa liberté au terme de douze années de captivité que lui avaient valu des heurts nombreux avec sa famille et la société. Aristocrate, allié aux Bourbons, philosophe et libertin, Sade s’enflamma pour la Révolution qui dédaigna son concours ; maintenu en captivité après la prise de la Bastille d’où il ameutait les passants au début du mois de juillet 1789, l’écrivain n’échappa à la guillotine que grâce à la chute de Robespierre.

Le frontispice, de style néo-classique, dessiné et gravé par P. Chery sous la direction d’Antoine Carrée, représente la Vertu assaillie par la Luxure.

« C’est sous de multiples aspects qu’il convient d’envisager l’histoire de « Justine ou les Malheurs de la vertu ». La philosophie du marquis de Sade y est tout entière résumée dans la tirade finale où Juliette s’écrie d’une voix triomphante : « ... Je l’avoue, j’aime, le crime avec fureur, lui seul irrite mes sens, et je professerai ses maximes jusqu’au dernier moment de ma vie. Exempte de toutes craintes religieuses, sachant me mettre au-dessus des lois par ma discrétion et par mes richesses, quelle puissance, divine ou humaine, pourrait donc contraindre mes désirs ? Le passé m’encourage, le présent m’électrise, je crains peu l’avenir (...). La nature n’a créé les hommes que pour, qu’ils s’amusent de tout sur la terre ; c’est la plus chère loi, ce sera toujours celle de mon cœur. Tant pis pour les victimes il en faut ; tout se détruirait dans l’univers sans les lois profondes de l’équilibre ; ce n’est que par des forfaits que la nature se maintient et reconquiert les droits que lui enlève la vertu. Nous lui obéissons donc en nous livrant au mal ; notre résistance est le seul crime qu’elle ne doive jamais nous pardonner. Oh ! Mes amis, convainquons-nous de ces principes ; dans leur exercice se trouvent toutes les sources du bonheur de l’homme. »

« Issu d’une vieille lignée aristocratique de Provence et allié par sa mère aux Condé, Sade naquit à Paris en 1740 et devint officier. Il redora le blason familial en épousant une riche héritière d’origine parlementaire, Renée-Pélagie de Montreuil, mais sa prodigalité, ses liaisons publiques avec des courtisanes et quelques ‘débauches outrées’ le désignèrent à la vindicte publique. La fustigation d’une jeune femme, le jour de Pâques 1768, lui vaut plusieurs mois de prison ; une partie avec quatre prostituées marseillaises qui se croient empoisonnées, une condamnation à mort par contumace. Malgré deux fuites en Italie, Sade finit par être arrêté, il consacre ses douze ans de donjon de Vincennes et de Bastille à lire et à écrire. L’abolition des lettres de cachet le libère en 1790. Il publie ‘Justine’ et fait jouer ‘Oxtiern’ (1791). Ses activités à la section des Piques et ses brochures révolutionnaires ne l’empêchent pas de devenir suspect sous la Terreur. Il n’échappe à la guillotine que de peu […] il passe les dernières années de sa vie prisonnier à l’hospice de Charenton. » (En Français dans le texte, n°195).

Le frontispice allégorique qui orne le premier volume, dessiné et gravé en taille-douce par Philippe Chéry, représente la Vertu entre la Luxure et l’Irréligion.

L’édition originale de 1791 et la nouvelle rédaction de 1797 sont aussi rares l’une que l’autre et ont sensiblement la même valeur. Pierre Berès décrivait un exemplaire de l’originale de 1791 relié vers 1890 par Lortic frères, « à belles marges » (hauteur 190 mm) au prix de 375 000 FF (environ 57 500 €) il y a 30 ans (Cat. 79, année 1989, n° 129). En juin 2007, il y a 12 ans, la Librairie P. Sourget cataloguait un exemplaire de cette édition rarissime de 1791 relié vers 1910 par Tridullier au prix de 75 000 €.

Localisation : nous n’avons pu localiser qu’un exemplaire dans les Institutions publiques françaises, à la B.n.F.





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Paris, 1791.

De la bibliothèque André Gutzwiller.


Prix: 45 000 €

SADE, Donatien-Alphonse-François comte, dit marquis de.

Justine ou les malheurs de la vertu.

En Hollande, chez Les Libraires associés [Paris], 1791.

2 tomes en 1 volume in-8, 1 frontispice, 283 pp., (2) ff., 191 pp. Plein maroquin rouge, roulette dorée d’encadrement sur les plats, dos lisse richement orné, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure réalisée il y a un siècle environ.

185 x 116 mm.

« Edition originale du premier ouvrage de Sade dont les exemplaires pourraient se compter sur les doigts. » Pierre Berès.

La touchante dédicace imprimée du livre, « A ma bonne amie », s’adresse à la fidèle compagne de misère de l’écrivain, Marie-Constance Quesnet ; dans cette importante apologie de ses écrits, Sade justifie son entreprise et affirme que son dessein est d’aboutir à l’une des plus sublimes leçons de morale que l’homme ait encore reçues, fût-ce par une route peu frayée jusqu’à présent.

Roman d’aventures du « genre noir », poussé à son paroxysme, le livre eut immédiatement un succès considérable. Il paraissait au moment où la Constituante rendait à Sade sa liberté au terme de douze années de captivité que lui avaient valu des heurts nombreux avec sa famille et la société. Aristocrate, allié aux Bourbons, philosophe et libertin, Sade s’enflamma pour la Révolution qui dédaigna son concours ; maintenu en captivité après la prise de la Bastille d’où il ameutait les passants au début du mois de juillet 1789, l’écrivain n’échappa à la guillotine que grâce à la chute de Robespierre.

Le frontispice, de style néo-classique, dessiné et gravé par P. Chery sous la direction d’Antoine Carrée, représente la Vertu assaillie par la Luxure.

« C’est sous de multiples aspects qu’il convient d’envisager l’histoire de « Justine ou les Malheurs de la vertu ». La philosophie du marquis de Sade y est tout entière résumée dans la tirade finale où Juliette s’écrie d’une voix triomphante : « ... Je l’avoue, j’aime, le crime avec fureur, lui seul irrite mes sens, et je professerai ses maximes jusqu’au dernier moment de ma vie. Exempte de toutes craintes religieuses, sachant me mettre au-dessus des lois par ma discrétion et par mes richesses, quelle puissance, divine ou humaine, pourrait donc contraindre mes désirs ? Le passé m’encourage, le présent m’électrise, je crains peu l’avenir (...). La nature n’a créé les hommes que pour, qu’ils s’amusent de tout sur la terre ; c’est la plus chère loi, ce sera toujours celle de mon cœur. Tant pis pour les victimes il en faut ; tout se détruirait dans l’univers sans les lois profondes de l’équilibre ; ce n’est que par des forfaits que la nature se maintient et reconquiert les droits que lui enlève la vertu. Nous lui obéissons donc en nous livrant au mal ; notre résistance est le seul crime qu’elle ne doive jamais nous pardonner. Oh ! Mes amis, convainquons-nous de ces principes ; dans leur exercice se trouvent toutes les sources du bonheur de l’homme. »

« Issu d’une vieille lignée aristocratique de Provence et allié par sa mère aux Condé, Sade naquit à Paris en 1740 et devint officier. Il redora le blason familial en épousant une riche héritière d’origine parlementaire, Renée-Pélagie de Montreuil, mais sa prodigalité, ses liaisons publiques avec des courtisanes et quelques ‘débauches outrées’ le désignèrent à la vindicte publique. La fustigation d’une jeune femme, le jour de Pâques 1768, lui vaut plusieurs mois de prison ; une partie avec quatre prostituées marseillaises qui se croient empoisonnées, une condamnation à mort par contumace. Malgré deux fuites en Italie, Sade finit par être arrêté, il consacre ses douze ans de donjon de Vincennes et de Bastille à lire et à écrire. L’abolition des lettres de cachet le libère en 1790. Il publie ‘Justine’ et fait jouer ‘Oxtiern’ (1791). Ses activités à la section des Piques et ses brochures révolutionnaires ne l’empêchent pas de devenir suspect sous la Terreur. Il n’échappe à la guillotine que de peu […] il passe les dernières années de sa vie prisonnier à l’hospice de Charenton. » (En Français dans le texte, n°195).

Le frontispice allégorique qui orne le premier volume, dessiné et gravé en taille-douce par Philippe Chéry, représente la Vertu entre la Luxure et l’Irréligion.

L’édition originale de 1791 et la nouvelle rédaction de 1797 sont aussi rares l’une que l’autre et ont sensiblement la même valeur. Pierre Berès décrivait un exemplaire de l’originale de 1791 relié vers 1890 par Lortic frères, « à belles marges » (hauteur 190 mm) au prix de 375 000 FF (environ 57 500 €) il y a 30 ans (Cat. 79, année 1989, n° 129). En juin 2007, il y a 12 ans, la Librairie P. Sourget cataloguait un exemplaire de cette édition rarissime de 1791 relié vers 1910 par Tridullier au prix de 75 000 €.

Localisation : nous n’avons pu localiser qu’un exemplaire dans les Institutions publiques françaises, à la B.n.F.