TRENTO Histoire de la Mappemonde livres rares edition originale livres anciens camille sourget TRENTO Histoire de la Mappemonde livres rares edition originale livres anciens camille sourget
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Edition originale d’une grande rareté de l’un des plus virulents pamphlets calvinistes du XVIe siècle.

Superbe exemplaire relié en maroquin rouge par Derome le Jeune.







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Histoire, religion

TRENTO, Jean-Baptiste / [Frangidelphe].

Histoire de la Mappe-monde papistique, en laquelle est declaire tout ce qui est contenu & pourtraict en la grande Table, ou Carte de la Mappe-Monde. Composée par M. Frangidelphe Escorche-Messes.

Imprimée en la ville de Luce Nouvelle, par Brisaud Chasse-diables [Genève, François Perrin], 1567.

Grand in-8 de (4) ff., 190 pp., (1) f.bl., qq. piqûres, pâle mouillure dans la partie inf. des 7 derniers ff.

Maroquin rouge, triple filet doré en cadrant les plats, dos lisse orné de filets et lyres dorés, coupes décorées, roulette dorée intérieure, tranches dorées. Reliure de Derome le jeune avec son étiquette.

229 x 143 mm.

Edition originale d’une grande rareté de cette violente satire contre la cour de Rome.

L’ouvrage a longtemps été attribué à Théodore de Bèze ; en réalité sous le calembour rabelaisien du pseudonyme Frangidelphe Escorche-messes se dissimule l’identité de Jean-Baptiste Trento, un Italien de Vicence converti à la Réforme dès 1541 et réfugié à Genève. Il fut reçu bourgeois de la ville en 1559.

Exemplaire de seconde émission dont le titre porte non pas la date de 1566 mais celle de 1567.

« Satire violente contre la cour de Rome. Les exemplaires en sont rares et recherchés. L’opinion commune est qu’elle est de Théod. de Bèze ; cependant de Marolles dit, dans son Manuel, avoir vu un exemplaire sur le frontispice duquel se lisait le nom de P. Viret, écrit par une main contemporaine » (Brunet, II, 1380, qui ne connait que le tirage de 1567).

« Cette satire sanglante de Th. de Bèze contre la cour de Rome est aussi attribuée à P. Viret » (Graesse, Trésor de livres rares, 629).

« Conçue à l’initiative de Jean-Baptiste Trento, réformé italien réfugié à Genève, ‘la Mappe-Monde nouvelle papistique’ décrit les territoires imaginaires de la papauté. Dans cette carte allégorique qui représente tout à la fois le monde et la ville de Rome à l’intérieur de la bouche du diable, on voit les réformateurs monter à l’assaut des murailles, la Bible et le glaive à la main. Les prêtres théophages, qui peuplent la province de Messe, sont assimilés à des sauvages du Nouveau Monde, ‘nus de charité’ et avides de chair humaine... On peut voir là une allusion aux premières missions catholiques, et notamment jésuites, en ce pays.

Dans ‘l’Histoire de la Mappe-Monde Papistique’ ou commentaire de la carte, Polydore Vergile est l’une des sources les plus fréquemment alléguées. Il s’agit de montrer, à travers le livre ‘Des Inventeurs’, l’origine toute récente de l’Eglise papiste, une Eglise qui n’a décidément rien de commun avec celle de Jésus-Christ et des apôtres. Sur des chapitres aussi différents que le jeûne, les images, les ornements, les hôpitaux, l’encens, les bulles scellées de plomb, les sonneries de cloches, les psaumes chantés en faux-bourdon, l’habit de pourpre des cardinaux ou les particularités vestimentaires des divers ordres monastiques, ‘l’inventivité’ est presque infinie, la faculté d’innovation sans limites. C’est de la sorte à une véritable enquête ethnographique que se livre Trento, jetant un regard éloigné sur le spectacle en vérité fort effrayant de l’Eglise dominante. Le Brésil de Trento, à la fois monstrueux et fascinant, c’est la Rome toute proche des papes, une altérité plus redoutable en vérité que celle d’Indiens de caricature.

Durant les guerres de Religion, catholiques et protestants s’accusent mutuellement de sauvagerie et de bestialité. Il ne fait pas de doute pour le catholique que le protestant ne soit un hérétique, un juif ou un barbare, dont les blasphèmes et la violence iconoclaste le révoltent. Réciproquement le protestant reconnaît dans le catholique un Cannibale et, qui plus est un idolâtre et un mange-Dieu. Telle est l’hypothèse que développe abondamment ‘la Mappe-Monde Papistique’. » (Ouvrages miscellanées & théories de la connaissance à la Renaissance, p. 55).

Il s’agit de l’un des plus virulents pamphlets calvinistes du XVIe siècle ; Trento en appelle à un second sac de Rome. Rarement la satire aura usé d’une telle virulence : l’auteur convie le lecteur à visiter les différentes provinces de la Chrétienté, singulièrement les dix-neuf provinces papistiques ; ainsi les provinces de la moinerie, de la messe, des clercs, des pèlerinages, de la Sorbonne, etc. Le tout est dirigé par le pape qui a corrompu le monde avec ses « puantes drogues de superstitions & idolâtries exécrables ».

La visite des différents bâtiments ecclésiastiques est l’occasion de dénoncer les « puantises & charognes jésuistiques, monacales & presbitérales » ; il est recommandé de se méfier des forêts de ce royaume imaginaire, car elles sont infestées de « loups, crocodiles, lions, tygres, basilics, & harpies, vestus en prestres, en moines, en jésuistes, en quietins & Paulins, & Sorbonistes lesquels tuent en grande quantité ».

« Dans ‘l’Histoire de la Mappe-Monde Papistique’ que Jean-Baptiste Trento publie en 1566 à Genève sous le pseudonyme de Frangidelphe Escorche-Messes, la cosmographie imaginaire est employée à la description d’un Nouveau Monde plus barbare encore que celui qui venait d’être découvert par les Espagnols et les Portugais. Peuplant les forêts profondes des provinces des Clercs, de Messe et de Sacramentaire, les prêtres sont figurés sous les traits de bouchers nus, cannibales et théophages. D’autant que la religion catholique ‘consiste entièrement en la Messe, et non point en autre chose », le saint sacrement de l’autel hante de sa présence polymorphe et monstrueuse cette géographie allégorique. »

L’ouvrage se présente comme le livre explicatif d’une mappemonde, carte gravée par Pierre Eskrich, connue à deux exemplaires dans le monde, tous deux incomplets. Le livre, publié après la carte, forme un tout. Il se vendait séparément.

Précieux exemplaire conservé dans son élégante reliure en maroquin rouge décoré de Derome le Jeune avec son étiquette gravée et datée de 1785.

L’exemplaire provient des prestigieuses bibliothèques : D.M. Méon (Paris, 1803, n°363) pour qui l’exemplaire fut relié ; Antoine-Auguste Renouard (Paris 1854, n°157) ; Robert Samuel Turner avec ex libris (Paris 1878, n°97) ; acquis à la vente de ce dernier par le libraire Auguste Fontaine (catalogue à prix marqués, Paris 1879, n°129). On retrouve ensuite l’exemplaire aux ventes du pasteur Goulden de Sedan (Paris 1921, n°192) et Edouard Moura (Paris 1923, n°57).





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Superbe exemplaire relié en maroquin rouge par Derome le Jeune.


Prix: 9 500 €

TRENTO, Jean-Baptiste / [Frangidelphe].

Histoire de la Mappe-monde papistique, en laquelle est declaire tout ce qui est contenu & pourtraict en la grande Table, ou Carte de la Mappe-Monde. Composée par M. Frangidelphe Escorche-Messes.

Imprimée en la ville de Luce Nouvelle, par Brisaud Chasse-diables [Genève, François Perrin], 1567.

Grand in-8 de (4) ff., 190 pp., (1) f.bl., qq. piqûres, pâle mouillure dans la partie inf. des 7 derniers ff.

Maroquin rouge, triple filet doré en cadrant les plats, dos lisse orné de filets et lyres dorés, coupes décorées, roulette dorée intérieure, tranches dorées. Reliure de Derome le jeune avec son étiquette.

229 x 143 mm.

Edition originale d’une grande rareté de cette violente satire contre la cour de Rome.

L’ouvrage a longtemps été attribué à Théodore de Bèze ; en réalité sous le calembour rabelaisien du pseudonyme Frangidelphe Escorche-messes se dissimule l’identité de Jean-Baptiste Trento, un Italien de Vicence converti à la Réforme dès 1541 et réfugié à Genève. Il fut reçu bourgeois de la ville en 1559.

Exemplaire de seconde émission dont le titre porte non pas la date de 1566 mais celle de 1567.

« Satire violente contre la cour de Rome. Les exemplaires en sont rares et recherchés. L’opinion commune est qu’elle est de Théod. de Bèze ; cependant de Marolles dit, dans son Manuel, avoir vu un exemplaire sur le frontispice duquel se lisait le nom de P. Viret, écrit par une main contemporaine » (Brunet, II, 1380, qui ne connait que le tirage de 1567).

« Cette satire sanglante de Th. de Bèze contre la cour de Rome est aussi attribuée à P. Viret » (Graesse, Trésor de livres rares, 629).

« Conçue à l’initiative de Jean-Baptiste Trento, réformé italien réfugié à Genève, ‘la Mappe-Monde nouvelle papistique’ décrit les territoires imaginaires de la papauté. Dans cette carte allégorique qui représente tout à la fois le monde et la ville de Rome à l’intérieur de la bouche du diable, on voit les réformateurs monter à l’assaut des murailles, la Bible et le glaive à la main. Les prêtres théophages, qui peuplent la province de Messe, sont assimilés à des sauvages du Nouveau Monde, ‘nus de charité’ et avides de chair humaine... On peut voir là une allusion aux premières missions catholiques, et notamment jésuites, en ce pays.

Dans ‘l’Histoire de la Mappe-Monde Papistique’ ou commentaire de la carte, Polydore Vergile est l’une des sources les plus fréquemment alléguées. Il s’agit de montrer, à travers le livre ‘Des Inventeurs’, l’origine toute récente de l’Eglise papiste, une Eglise qui n’a décidément rien de commun avec celle de Jésus-Christ et des apôtres. Sur des chapitres aussi différents que le jeûne, les images, les ornements, les hôpitaux, l’encens, les bulles scellées de plomb, les sonneries de cloches, les psaumes chantés en faux-bourdon, l’habit de pourpre des cardinaux ou les particularités vestimentaires des divers ordres monastiques, ‘l’inventivité’ est presque infinie, la faculté d’innovation sans limites. C’est de la sorte à une véritable enquête ethnographique que se livre Trento, jetant un regard éloigné sur le spectacle en vérité fort effrayant de l’Eglise dominante. Le Brésil de Trento, à la fois monstrueux et fascinant, c’est la Rome toute proche des papes, une altérité plus redoutable en vérité que celle d’Indiens de caricature.

Durant les guerres de Religion, catholiques et protestants s’accusent mutuellement de sauvagerie et de bestialité. Il ne fait pas de doute pour le catholique que le protestant ne soit un hérétique, un juif ou un barbare, dont les blasphèmes et la violence iconoclaste le révoltent. Réciproquement le protestant reconnaît dans le catholique un Cannibale et, qui plus est un idolâtre et un mange-Dieu. Telle est l’hypothèse que développe abondamment ‘la Mappe-Monde Papistique’. » (Ouvrages miscellanées & théories de la connaissance à la Renaissance, p. 55).

Il s’agit de l’un des plus virulents pamphlets calvinistes du XVIe siècle ; Trento en appelle à un second sac de Rome. Rarement la satire aura usé d’une telle virulence : l’auteur convie le lecteur à visiter les différentes provinces de la Chrétienté, singulièrement les dix-neuf provinces papistiques ; ainsi les provinces de la moinerie, de la messe, des clercs, des pèlerinages, de la Sorbonne, etc. Le tout est dirigé par le pape qui a corrompu le monde avec ses « puantes drogues de superstitions & idolâtries exécrables ».

La visite des différents bâtiments ecclésiastiques est l’occasion de dénoncer les « puantises & charognes jésuistiques, monacales & presbitérales » ; il est recommandé de se méfier des forêts de ce royaume imaginaire, car elles sont infestées de « loups, crocodiles, lions, tygres, basilics, & harpies, vestus en prestres, en moines, en jésuistes, en quietins & Paulins, & Sorbonistes lesquels tuent en grande quantité ».

« Dans ‘l’Histoire de la Mappe-Monde Papistique’ que Jean-Baptiste Trento publie en 1566 à Genève sous le pseudonyme de Frangidelphe Escorche-Messes, la cosmographie imaginaire est employée à la description d’un Nouveau Monde plus barbare encore que celui qui venait d’être découvert par les Espagnols et les Portugais. Peuplant les forêts profondes des provinces des Clercs, de Messe et de Sacramentaire, les prêtres sont figurés sous les traits de bouchers nus, cannibales et théophages. D’autant que la religion catholique ‘consiste entièrement en la Messe, et non point en autre chose », le saint sacrement de l’autel hante de sa présence polymorphe et monstrueuse cette géographie allégorique. »

L’ouvrage se présente comme le livre explicatif d’une mappemonde, carte gravée par Pierre Eskrich, connue à deux exemplaires dans le monde, tous deux incomplets. Le livre, publié après la carte, forme un tout. Il se vendait séparément.

Précieux exemplaire conservé dans son élégante reliure en maroquin rouge décoré de Derome le Jeune avec son étiquette gravée et datée de 1785.

L’exemplaire provient des prestigieuses bibliothèques : D.M. Méon (Paris, 1803, n°363) pour qui l’exemplaire fut relié ; Antoine-Auguste Renouard (Paris 1854, n°157) ; Robert Samuel Turner avec ex libris (Paris 1878, n°97) ; acquis à la vente de ce dernier par le libraire Auguste Fontaine (catalogue à prix marqués, Paris 1879, n°129). On retrouve ensuite l’exemplaire aux ventes du pasteur Goulden de Sedan (Paris 1921, n°192) et Edouard Moura (Paris 1923, n°57).