巴黎, 皇家印刷厂, 1770-1785.
18卷12开本,包含262幅整页版画。核对完整。几处边缘小撕裂,不影响整体。
棕色大理石牛皮,冷线框住封面,五度肋背上有金色蜘蛛网花饰,优雅的立鸟花饰,配有棕黄色或古红色摩洛哥皮书名牌,卷标冷色处理,切口处有金色滚花,红色切面,10个顶端有裂痕。 当时的装帧。
167 x 99 mm.
Première édition de format in-12, « suivant la copie in-4 », ornée de 262 estampes à toute page dessinées par de Sève. (Nissen, IVB, 673).
Ce fut l’une des œuvres les plus ambitieuses et les plus complètes de la littérature scientifique.
La série consacrée aux oiseaux est ici bien complète de ses 18 volumes. Elle appartient à la première édition in-12 des Œuvres de Buffon comprenant 71 volumes, hors anatomie, dont la publication s’étagera sur 53 années, de 1752 à 1805. Aucun amateur du temps ne possède cette édition en reliure uniforme de l’époque, la Révolution française et le demi-siècle de publication ayant eu raison des plus ardents désirs bibliophiliques.
Les grands de l’époque sélectionnaient les sous-séries complètes de livres choisies au sein de cet impressionnant ensemble, ainsi détaillé : Histoire naturelle, 32 volumes – Supplément, 14 volumes – Oiseaux, 18 volumes – Minéraux, 9 volumes – Ovipares et Serpents, 4 volumes – Poissons, 11 volumes – Cétacées, 2 volumes. Les exemplaires portant le titre d’Œuvres complètes diffèrent des autres dans l’arrangement des 13 premiers volumes et des 14 volumes des suppléments.
« L’in-12 prévaut désormais et, bien que ce format puisse sembler moins adapté à la nature de l’œuvre, l’Imprimerie royale réussit le prodige, en peu de temps, de rhabiller ainsi ‘en jupe courte’ le volumineux ouvrage de Buffon. Dès 1752 paraissent les six premiers tomes, correspondant aux trois premiers volumes in-4 de 1749… Cette ‘sœur cadette’ de l’édition princeps, qui constitue le second modèle original, reçut les mêmes planches que son aînée » (A.-M. Bassy, L’Art du livre à l’Imprimerie nationale).
Dans le « Plan de l’ouvrage » qui ouvre la série des Oiseaux, Buffon s’exprime ainsi :
« Cet ouvrage est le fruit de près de vingt ans d’étude & de recherches quoique pendant ce même temps nous n’ayons rien négligé pour nous instruire sur les oiseaux, & pour nous en procurer toutes les espèces rares que nous ayons même réussi à rendre cette
partie du Cabinet du Roi plus nombreuse & plus complète qu’aucune autre collection du même genre qui soit en Europe, nous devons cependant convenir qu’il nous en manque encore un assez grand nombre…
Notre ouvrage contiendra à peu près tout ce qu’on sait des oiseaux & néanmoins ce ne sera, comme l’on voit, qu’un sommaire, ou plutôt une esquisse de leur histoire, seulement cette esquisse sera la première qu’on ait faite en ce genre, car les ouvrages anciens & nouveaux, auxquels on a donné le titre d’Histoire des Oiseaux ne contiennent presque rien d’historique ; toute imparfaite que sera notre histoire elle pourra servir à la postérité pour en faire une plus complète et meilleure ; je dis à la postérité car je vois clairement qu’il se passera bien des années avant que nous soyons aussi instruits sur les oiseaux que nous le sommes aujourd’hui sur les quadrupèdes […] Ce que nous donnons ici servira donc longtemps comme une base ou comme un point de ralliement auquel on pourra rapporter les faits nouveaux que le temps amènera. Si l’on continue d’étudier & de cultiver l’Histoire naturelle, les faits se multiplieront, les connaissances augmenteront ; notre esquisse historique, dont nous n’avons pu tracer que les premiers traits se remplira peu-à-peu & prendra plus de corps ; c’est tout ce que nous pouvons attendre du produit de notre travail, et c’est peut-être trop nous étendre sur son peu de valeur. » (Buffon).
« L’Histoire naturelle » connut, dès la parution des premiers volumes, un succès retentissant. Buffon fut admiré de l’Europe entière et connut aussitôt une célébrité égale à celle de Voltaire et de Rousseau. On l’appela « le Pline et l’Aristote de la France » ; il entra sans avoir fait une démarche, à l’Académie française ; on lui éleva une statue de son vivant. L’Histoire naturelle apparut, à juste titre, comme un des monuments de la science moderne et du réveil des esprits, au même titre que l’Encyclopédie qui lui est contemporaine. Elle eut, en tout cas, le mérite de mettre à la mode non plus ces expériences d’amateurs qui avaient la faveur des gens du monde, mais la véritable science d’observation, et elle suscita immédiatement un intense développement des sciences naturelles.
C’était le premier essai de vulgarisation aimable et raffiné de l’étude de l’histoire naturelle qui provoqua une découverte et un engouement du public cultivé et un désir de protection de cette science chez les souverains et les grands.
Bel exemplaire bien complet de l’ensemble de ses planches, conservé dans sa reliure uniforme de l’époque très décorative ornée de fers à la toile d’araignée et de fers à l’oiseau.